Trémeau Bernard - samedi 08 novembre 2003
Maintenant, ce n’est plus une projection dans le futur, c’est une belle réalité : la reprise s’est installée aux USA. Une très forte reprise. Elle commence à y créer des emplois. Le chômage et le déficit budgétaire américain baissent.
Cette reprise est pour nous, Français, très importante, bien plus importante que l’attaque de TF1 par les intermittents du spectacle ou que la cote du Premier ministre dans les sondages.
Cette reprise va augmenter les achats américains à l’étranger : elle va créer des emplois en Europe. Cette reprise va faire monter le dollar, bien que les taux courts américains soient encore bien plus bas que les taux courts européens. La remontée du dollar va aussi créer des emplois en Europe. Cette forte reprise va contraindre les Américains à augmenter leurs taux courts pour éviter l’inflation, le dollar va encore plus monter. La remontée du dollar va augmenter les exportations allemandes aux USA et les exportations françaises en Allemagne. Nous sommes en pleine mondialisation.
Cette reprise donne plus d’argent au gouvernement américain. Il va consacrer une importante partie de cet argent à lutter contre les terroristes. Nous profiterons de cette protection.
Puis dans quelques mois, au printemps, la forte reprise américaine, qui s’accompagne d’une bonne reprise japonaise, va toucher directement l’économie française.
Le PIB européen va augmenter plus rapidement que prévu. Le budget français 2004 est établi sur une croissance du PIB de 1,7. Ce chiffre apparaît aujourd’hui comme très raisonnable, peut-être même trop raisonnable. La croissance risque d’être supérieure et il faut qu’elle soit supérieure pour que le nombre des chômeurs cesse d’augmenter. Il est cependant difficile de penser que le chômage va régresser avant l’été 2004. Le PIB augmentant, les rentrées fiscales du gouvernement vont augmenter. Le gouvernement actuel semble décidé à ne pas faire ce qu’a fait le gouvernement socialiste de Lionel Jospin : profiter de la cagnotte donnée par la reprise pour augmenter les dépenses de l’État. Mais en démocratie, une dépense bien ciblée rapporte des électeurs et on a envie de conserver le pouvoir. Les rentrées fiscales peuvent être utilisées à réduire le déficit budgétaire du pays. Bruxelles va veiller au grain et il faudra que le déficit diminue. Mais il faut surtout faire diminuer le déficit par une réduction des dépenses de l’État. Il faut donc négocier avec les syndicats qui poussent toujours à une augmentation des dépenses. Négocier avec des caisses vides, ça n’est pas facile du tout. Négocier avec des caisses pleines donne une marge de manœuvre. Une réduction importante du nombre des fonctionnaires devient alors envisageable.
Enfin l’argent que la reprise américaine va donner à la France doit aussi être utilisé à réduire les impôts touchant les entreprises et les capitaux. En réduisant puis en supprimant ces impôts, on attire chez nous les entrepreneurs et les investisseurs. Diminuer les impôts des riches, ce n’est pas accentuer les inégalités, c’est au contraire les réduire. C’est en investissant qu’on donne du travail à un chômeur ou à un exclu. C’est en investissant qu’on donne un outil de travail performant à un salarié, donc un bon salaire. Le salarié à qui on ne donne qu’une pioche faute d’investissement sera toujours un pauvre, un très pauvre salarié.
Notre gouvernement se trouvait jusqu’à maintenant paralysé entre la faible croissance de notre économie et ses engagements européens. Notre gouvernement va enfin disposer d’une marge de manœuvre. Il doit l’utiliser pour libérer notre économie de tous les freins qui pèsent sur elle, sans déclencher des oppositions violentes des syndicats. Il ne doit pas nous prendre pour des idiots et nous imposer 32 heures, en nous faisant croire qu’on sera payés comme 35. Ça ne prendra pas une deuxième fois…
La cote de notre Premier ministre va remonter, grâce à la reprise américaine… Vive l’économie libérale.
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