Trémeau Bernard - jeudi 24 décembre 2009
inflation, etats-unis
La reprise est bien là aux USA. Au début de l’année 2009, les Américains consommaient moins et mettaient de l’argent de côté, pour faire face à un éventuel chômage. Ils ont repris confiance au mois de juin 2009.
Ils ont commencé à dépenser l’argent mis de côté pour consommer plus. Depuis, ils dépensent chaque mois un peu plus.
Par contre, le chômage a continué à augmenter après le mois de juin. Ce qui est normal :
Les entreprises n’embauchent que lorsqu’elles perçoivent une augmentation significative et durable du nombre de leurs clients.
Un délai d’environ six mois est toujours observé.
Pour novembre 2009, le gouvernement américain avait prévu 125 000 pertes d’emplois supplémentaires : il n’y en a eu que 10 000. La reprise est donc plus rapide que prévue.
Quand la demande augmente sans que la production suive, une inflation doit nécessairement rééquilibrer offre et demande.
Cette inflation est apparue dès le mois de juillet 2009 et, depuis octobre, elle s’accélère. Elle confirme la reprise des dépenses.
La banque centrale américaine (la FED) avait inondé le marché de dollars depuis le mois de juin 2007, pour s’opposer à la crise financière. Elle devrait donc, pour s’opposer à cette inflation, rendre le crédit plus coûteux, pour réduire le nombre des dollars mis en circulation.
Mais le gouvernement américain pense qu’un peu d’inflation n’est pas un mal, bien au contraire : il a en effet de lourdes dettes.
Et rembourser ses dettes en monnaie de singe, c’est finalement faire une bonne affaire. La FED n’est donc pas pressée d’augmenter le coût du crédit aux USA…
La reprise arrive aussi en Europe. Selon l’INSEE, le PIB de l’Europe avait régressé de 1,6 % depuis la crise de juin 2007. Et il est encore prévu pour 2009 une régression supérieure à 1 %.
Comme l’économie européenne suit avec quelques mois de retard l’économie américaine, le PIB européen devrait cesser de baisser au printemps prochain.
Bien que la Banque centrale européenne ait inondé d’euros le marché depuis le mois de juin 2007, la demande reste faible en Europe : il n’y a donc pas d’inflation. Selon Eurostat, les prix ont même légèrement baissé en 2008 (-1 %).
Les consommateurs européens ont peur de perdre leur emploi : ils mettent de l’argent de côté et ils consomment moins. Puis, pour le mois de février 2009, l’inflation est réapparue. Mais les prix sont ensuite restés stables. La BCE n’est donc pas pressée d’augmenter le coût du crédit.
Ce qui ralentirait la progression de l’économie.
La reprise arrive aussi en France Par les impôts, les gouvernements français prennent plus de la moitié de nos revenus pour la redistribuer sous une forme ou sous une autre. Par ailleurs, la France offre aux salariés des entreprises publiques françaises la sécurité de l’emploi et une augmentation régulière des salaires. L’économie française a de ce fait en partie échappé aux turbulences de la crise financière.
Mais, depuis plus de 30 ans, les gouvernements français augmentent de plus en plus lourdement les charges pesant sur leurs entreprises, alors qu’ils ont totalement ouvert les frontières de la France aux produits européens ou mondiaux. Et les salariés des entreprises publiques françaises n’hésitent absolument pas à se mettre en grève pour obtenir une nouvelle augmentation de salaires et ils l’obtiennent pratiquement toujours.
Les prix français grimpent plus rapidement que les prix allemands. Et nous ne pouvons plus dévaluer avec la monnaie unique…
Les Français sont logiques : ils préfèrent acheter une voiture allemande qui vaut nettement moins cher. Pour retrouver leur équilibre financier, les entreprises françaises délocalisent soit totalement, soit partiellement. Le chômage envahit la France.
Les Français ont donc peur : ils mettent de l’argent de côté, ils consomment moins et les prix n’augmentent pas. Mais le chômage ne peut qu’augmenter en France…
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