Lance Pierre - mercredi 29 mars 2006
Depuis quelques années, notre pays est dans une situation pré-révolutionnaire. Et si l’on compare la France de Chirac à celle de Louis XVI, on ne peut manquer d’être frappé par des ressemblances socio-politiques que le progrès technologique ne parvient pas à masquer, si même il ne les souligne pas. Énumérons les principales : un « souverain » en fin de règne qui voudrait faire des réformes mais n’a pas la force de caractère nécessaire pour les imposer aux privilégiés du régime (jadis les aristocrates, les évêques, les fermiers généraux, aujourd’hui les énarques, les syndicalistes, les fonctionnaires), une classe politique discréditée et complètement coupée des aspirations du peuple, une fiscalité écrasante nourrissant une bureaucratie formaliste et tatillonne qui paralyse les forces vives de la nation, une énorme dette publique et un État qui dilapide ses ressources toujours insuffisantes, une agriculture sinistrée et endettée qui subit de plein fouet les catastrophes naturelles ou les épidémies et dont le pouvoir d’achat se dégrade, un peuple désenchanté qui voit son horizon se couvrir de menaces…
Mais alors, pourquoi la révolution n’éclate-t-elle pas ? Pour deux raisons essentiellement : La première, c’est qu’une révolution ne peut éclater que si un danger menace la survie même d’une partie importante de la population. (Ce fut jadis le terrible hiver 1788/89 qui gela la Seine de Paris jusqu’au Havre et qui répandit la famine). Ce danger ne peut pas exister aujourd’hui, quoique le chômage endémique pourrait en tenir lieu s’il n’était amorti par le traitement social. À moins qu’une épidémie catastrophique ne vienne semer les cadavres à profusion (grippe aviaire ?).
La seconde raison, c’est que la société française est aujourd’hui confrontée à un phénomène sans précédent : l’immigration massive et l’inassimilation d’une jeunesse déracinée qui est bien, elle, à deux doigts de faire une révolution, mais une révolution qui serait inacceptable pour les Français de souche et qui les pousserait à faire bloc derrière le pouvoir afin de la juguler. Cette analyse me semble largement confirmée par la crise estudiantine actuelle déclenchée par le CPE (initiative pourtant louable qui mériterait au moins d’être essayée).
Les révolutions se font toujours par la jeunesse, et plus particulièrement par la jeunesse étudiante, parce que cette dernière ajoute à la fougue irréfléchie de l’adolescence la maîtrise du langage subversif, ainsi que l’ivresse présomptueuse de faire trembler ses aînés et le pouvoir en place. Freud n’aurait pu manquer d’y voir un désir inconscient de « meurtre du père ». Il est d’ailleurs évident que les jeunes qui se révoltent contre le CPE, sans l’avoir vraiment examiné, sont avant tout motivés par des intentions politiques et par la grande nostalgie de mai 68.
Or, au beau milieu de leurs défilés, voici que surgit une autre jeunesse, celle des casseurs de banlieue qui ont vraiment « la rage » et qui déstabilisent et désarçonnent les gentils étudiants bcbg gavés de « socialisme bourgeois », car ceux-ci rêvaient d’un grand chahut-défouloir et non pas d’une émeute destructrice et pillarde.
Une révolution débouche généralement sur une guerre civile entre deux parties antagonistes d’une population, entre lesquelles chacun est amené à choisir son camp, pour des raisons économiques ou idéologiques.
Mais dans la France d’aujourd’hui, minée par les conséquences d’une politique immigrationniste totalement aberrante, une révolution ne verrait pas s’affronter deux camps, mais trois, sinon quatre. Ce serait un chaos inimaginable que personne ne peut souhaiter, sauf les désespérés enragés qui se voient dans une situation sans issue et pensent n’avoir plus rien à perdre. Il est grand temps que les hommes politiques de tous bords aient le courage de regarder la réalité en face et cessent de se payer de mots et de vœux pieux. La nation est en péril. Il est indispensable que le flux migratoire africano-musulman soit non seulement stoppé mais inversé, avec toutes les précautions et générosités humanistes que l’on voudra, mais avec persévérance et fermeté.
Il faut imaginer des plans et des procédures respectueuses à la fois des droits des individus et des droits des nations. C’est le grand défi incontournable du siècle !
94 commentaires - Ecrire un commentaire
|