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La ruine, résultat d’années de gabegie


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Courrier - mercredi 07 juillet 2010

fiscalite
En bon citoyen et fidèle contribuable, pendant des années, j’ai financé le trou de la Sécu et tous les déficits des services publics ; j’ai comblé les 20 milliards de francs engloutis par Air France ; j’ai ensuite remboursé les 100 milliards perdus par le Crédit Lyonnais ; j’ai alimenté, bien entendu, le chèque de 400 millions gagnés par Bernard Tapie lors de son procès contre le Lyonnais ; en 2008, j’ai évité la faillite du système bancaire et j’ai allègrement participé au plan de relance pour aider nos entreprises et nos chômeurs ; j’ai assuré le sauvetage de la Grèce et je me prépare à voler au secours de l’Espagne et du Portugal ; j’ai annulé régulièrement la dette des pays pauvres et financé le développement du tiers-monde, j’ai toujours soutenu les lois de programmation militaire pour bien équiper nos soldats ;
j’ai adhéré aux innombrables plans de soutien sortis du chapeau de nos énarques ; j’ai assumé ma part des multiples taxes et impôts nouveaux concoctés chaque année par nos élites ; j’ai payé pour qu’on soigne les sans papiers et qu’on éduque leurs enfants ; je participe aussi à l’éducation des 46 enfants du polygame de Bobigny qui ne souhaite pas travailler ; j’ai régulièrement compensé les 70 milliards annuels de fraude fiscale et sociale, ainsi que les grands gaspillages de l’État ; j’ai payé sans discuter le voyage en jet privé de certain ministre pressé de regagner Paris, ainsi que les barreaux de chaise roulés par les Cubaines que fume régulièrement un autre membre du gouvernement ; je n’ai pas discuté l’augmentation de salaire de 170 % de notre président, ni le coût de son nouvel Airbus A330 ; je n’ai jamais remis en cause tous les privilèges de nos élus ni leurs multiples cumuls…

Bref, pendant toutes ces années, j’ai payé sans compter pour assurer le bon fonctionnement de l’État et participer au redressement des finances publiques.

Et, pourtant, malgré tous ces efforts pour satisfaire l’appétit insatiable de Bercy, j’entends dire aujourd’hui que je n’ai pas assez donné, que le pays est en quasi faillite, que la dette publique dépasse 1 500 milliards d’euros, soit 25 000 euros par personne bébés compris, que le coût des seuls intérêts est trois fois plus élevé que la croissance du PIB et qu’il faut donc emprunter toujours plus pour rembourser nos dettes, que ma retraite est compromise, que mes revenus et mes économies vont être ponctionnés comme jamais, car l’heure est à la rigueur tous azimuts et que, si la consommation ne repart pas, nous courrons à la catastrophe.

Alors, devant un tel désastre, je ne ferai le procès de personne, les générations futures que nous avons ruinées s’en chargeront. Mais je pose simplement la question à tous ceux qui ont la responsabilité de ce pays : « Savez-vous vraiment ce que vous fai­tes » ?

Jacques Guillemain
Versailles (78)

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