Rouxel Jean - mercredi 13 avril 2011
2012
La semaine dernière, Jean-Louis Borloo a annoncé que le Parti radical quittait l’UMP pour se préparer à une candidature autonome à l’élection présidentielle de 2012.
Même si ce départ était annoncé depuis un moment, j’avoue que la démarche me laisse perplexe.
D’abord, parce que Borloo a été ministre sans discontinuer de 2002 à 2010 et que, s’il avait des critiques à faire sur la politique menée par l’UMP, il aurait pu se réveiller plus tôt.
Il en va de Borloo comme, naguère, d’Hervé Morin. On ne peut se défaire de l’idée qu’ils ont été « à la gamelle » aussi longtemps qu’ils ont pu et que, lorsque Nicolas Sarkozy ne leur a plus donné satisfaction, ils l’ont quitté et ont maquillé ce départ en controverse idéologique…
Par ailleurs, il se murmure que le Parti radical est toujours financièrement dépendant de l’UMP. Spontanément, j’aurais tendance à avoir des doutes sur des belles déclarations d’indépendance venant d’un parti sous perfusion !
Et, en tout cas, ce qui est sûr, c’est qu’électoralement, le Parti radical ne pèse pas grand-chose en dehors de quelques départements. Il aurait pu avoir une stratégie d’autonomie pour les cantonales dans ces départements, mais aux élections nationales, il n’a aucune chance.
Comme je ne crois pas que Jean-Louis Borloo soit un imbécile, je suppose qu’il fait monter les enchères et se prépare à faire payer au prix fort son ralliement à Nicolas Sarkozy (par exemple, en nombre de députés de sa tendance ou en garantie d’obtenir Matignon en cas de victoire).
Cependant, même cette stratégie me laisse dubitatif. Pour faire monter les enchères, Borloo devra bien envisager le cas où les négociations n’aboutiraient pas. Et il sait pertinemment qu’en cas d’affrontement avec l’UMP, non seulement il ne gagnerait rien, mais il perdrait les positions qu’il a actuellement. Car le Parti radical est surreprésenté dans les instances dirigeantes de la majorité et à l’Assemblée par rapport à son poids électoral réel. Les radicaux ne peuvent donc pas aller jusqu’à se « compter » face aux autres tendances de la majorité.
En revanche, si Borloo choisissait de se présenter, les quelques points qu’il prendrait à Nicolas Sarkozy pourraient empêcher ce dernier de figurer au deuxième tour et c’est là le poids politique réel du Parti radical.
J’ajoute qu’on voit mal pourquoi Nicolas Sarkozy serait obligé de négocier avec le Parti radical qui pèse électoralement bien peu, et tout aussi obligé de ne pas négocier avec le FN qui pèse bien davantage…
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