enseignement du gender
Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

La taxe carbone


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
74 VOTES
1389 LECTURES

Lambert Christian - mardi 25 août 2009

fiscalite, ecologie
La taxe carbone en cours d’élaboration, prévue pour 2010, me paraît tellement discutable et inutile que je me proposais de dire ce que j’en sais et ce que j’en pense, mais voici que le docteur Trémeau m’a devancé dans un excellent article ( Taxe carbone : l’erreur de Jean-Louis Borloo n° 702 du 7 août). Je vais tout de même me risquer à ajouter quelques réflexions à sa très bonne analyse.

J’ai lu – c’est une sorte de communication officielle – que cette nouvelle taxe allait permettre à l’État de récolter 8 à 9 milliards d’euros. Pour autant, ne prenez pas peur, braves gens, ces milliards seront redistribués. On les rafle le 1er juin et on les redistribue le 1er octobre. Le mot sacré est frappé au fronton de la taxe : la « redistribution sociale ». C’est Michel Rocard, grand spécialiste du matraquage fiscal (CSG), et Premier ministre in partibus de Nicolas Sarkozy, qui l’a dit.

En réalité, cette assertion est tellement stupide qu’elle frôle la provocation. Sans doute pourrait-il y avoir redistribution mais pas au profit de ceux qui ont été taxés. C’est toujours la même philosophie qui imprègne la « gouvernance française » depuis plus de trente ans : on prend aux forces vives de la nation, particuliers et entreprises, pour « distribuer » aux défavorisés chroniques, toujours plus nombreux puisqu’on va les chercher dans le monde entier. Toujours est-il que la taxe carbone s’annonce comme l’une des plus belles usines à gaz de la République – qui en compte déjà beaucoup. Si la complexité systématique et en constante aggravation de tout ce qui est administratif (450 000 textes officiels en vigueur) – une vraie pollution de l’esprit – était taxée, le montant en serait tel que la formidable dette de la France pourrait en être remboursée en un clin d’œil !

Deuxième idiotie, celle-là monumentale : la France contribuant pour un peu plus de 1 % à la pollution mondiale, à qui fera-t-on croire que les mesures fiscales françaises auront un effet positif ? Elles n’en auront aucun. Les principaux pollueurs sont la Chine, l’Inde, les États-Unis et, en Europe, les pays de l’Est – dont la Pologne avec ses centrales thermiques ultra-polluantes, mais eux seraient dispensés de prendre des mesures diminuant la pollution ! Et ne parlons pas de l’ex-URSS…

Tout le problème est là. Si les mesures que la France compte imposer étaient prises et appliquées dans le monde entier, cela pourrait être en partie efficace, mais la France seule n’arrêtera pas la pollution mondiale, qui augmentera avec la vente dans une compétition acharnée des véhicules et des avions.

Troisième idiotie ou plutôt ignorance : est-on sûr que le réchauffement climatique est dû exclusivement aux émissions de CO2, alors qu’il suffit d’avoir son certificat d’études pour savoir que, sur de longues périodes, notre planète a connu des cycles climatiques, tour à tour tropicaux et glaciaires, qui n’ont rien à voir avec les pots d’échappement des voitures et des vaches et autres milliards de mammifères grands producteurs de méthane (CH4) ?

Ce n’est pas tout. Si cette taxe devait voir le jour. Il faut savoir que son caractère serait progressif et finirait par peser lourd sur le budget des ménages alors que la France est déjà le pays le plus imposé au monde. Un constat qui me donne l’occasion de rappeler que, depuis qu’il a été élu, Nicolas Sarkozy a créé 11 taxes nouvelles : la taxe exceptionnelle sur les compagnies pétrolières, la contribution sociale sur les stocks options, la taxe sur les poissons, crustacés et mollusques, la taxe sur les huiles et lubrifiants à usage perdu, la taxe sur le charbon, les houilles et les lignites, la taxe sur les entreprises pharmaceutiques, la taxe sur les poids lourds, la taxe sur le chiffre d’affaires des assurance et des mutuelles, la taxe sur le chiffre d’affaires des opérateurs de téléphone, la taxe sur les revenus publicitaires des chaînes privées de télévision…

Et cerise sur le cadeau bourratif : la nouvelle taxe de 1,1 % sur les produits du capital pour financer le nouveau RMI (RSA) faisant passer les prélèvements sociaux de 11 % en 2008 à 12,1 % en 2009. Alors que pendant sa campagne électorale, le futur président de la République nous avait juré de faire baisser de 4 points du PIB (68 milliards d’euros) les prélèvements obligatoires…

Ne croyez-vous pas Monsieur le Président que ça suffit ? Et, si j’avais une prière à vous adresser ainsi qu’à vos collaborateurs, MM. Rocard et Borloo, ce serait pour vous demander d’arrêter d’emm… les Français !

15 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site