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La taxe enterrée, sans fleurs ni carbone


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Menou Pierre - dimanche 28 mars 2010

taxe-carbone, ecologie
Lu dans la presse
La taxe enterrée, sans fleurs ni carbone

Elle est désespérée, mais pas au point de démissionner. A propos du report de la taxe carbone, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’écologie, s’est dite « désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l’écolo-scepticisme qui l’emporte ».

Cécile Duflot, la nouvelle coqueluche écolo, qui continue de planer même descendue d’avion, a fait part quant à elle de sa « consternation », tout en convenant dans le journal gratuit Métro que ce projet « était écologiquement inefficace et socialement injuste ». Faudrait savoir… « C’est la suite des déclarations de Nicolas Sarkozy au Salon de l’agriculture, quand il a dit que "l'environnement, ça commence à bien faire" », ajoute l’écolo-verte.

Celles qui l’ont surtout emporté, ce sont les entreprises françaises, dont la taxe aurait encore alourdi les handicap face à leurs concurrentes. C’est ce que confirme, pour s’en désoler, Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement et maître de conférence à Sciences-po, qui explique avec une belle inconscience dans Le Parisien du 24 mars : « Si la France renonce à la taxe carbone aujourd’hui en renvoyant la balle sur l’Europe, on ne reparlera plus de fiscalité verte avant dix ans car la plupart de nos voisins de l’UE sont hostiles à l’idée d’une taxe européenne. »

On s’en consolera d’autant plus aisément qu’aux dires du parti socialiste lui-même, le revirement gouvernemental sur la nouvelle taxe est « une bonne nouvelle pour les ménages ».

A se demander qui en voulait, à part les copains de Nicolas Hulot.

Côté entreprises, les PME et PMI en particulier seront d’autant plus soulagées qu’elles n’affichent pas une santé insolente. Dans Le Monde, Claire Guélaud fait état des prévisions de l’Insee : « deux trimestres de faible croissance pour la première moitié de l’année 2010 : + 0,2 % et + 0,3 %. (…) Dans leurs communiqués saluant l'abandon de la taxe carbone par le gouvernement, la CGPME et Croissance-Plus ont l'une et l'autre souligné l'ampleur des difficultés auxquelles sont confrontées les PME face à une conjoncture économique très tendue. »

Selon le secrétaire général de la CGPME, Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, « Le plus préoccupant est que la quasi-totalité des entreprises ont très peu de visibilité sur leurs carnets de commandes. Or cette absence de visibilité n’incite guère à investir et encore moins à embaucher. Notre crainte principale, c’est l’emploi. »

Le moment était donc on ne peut plus mal choisi pour leur infliger un handicap supplémentaire. S’il faut se féliciter de la volte-face du gouvernement, le psychodrame de la taxe carbone aurait néanmoins pu être évité. La crise ne date pas d’aujourd’hui et aucun des éléments qui justifie aujourd’hui le recul gouvernemental n’était imprévisible. On chercherait vainement une logique à la politique de Nicolas Sarkozy.


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