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La tentation anti-libérale des Européens


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Trémeau Bernard - dimanche 12 juin 2005


Les Français ont voté non, car depuis que l’Europe est en marche, le chômage envahit la France.
Ils n’ont pas vu qu’en dehors de cinq pays socialo-sclérosés (dont la France, l’Allemagne et l’Italie ), l’immense majorité des pays unis par le Marché commun (vingt aujourd’hui) avaient une économie dynamique réduisant le chômage. Comme le faisait remarquer Jacques Delors, ce n’est pas le Marché commun qui introduit le chômage, ce sont les États qui refusent de se réformer.
Pendant toute la campagne électorale, tous les partis politiques français, de l’extrême droite à l’extrême gauche, ont dénoncé sans aucune exception le libéralisme, source de tous nos malheurs. C’est le libéralisme  européen qui est responsable du chômage français. C’est en plus le vilain libéralisme  anglo-saxon qui inspire les technocrates de Bruxelles.
Afficher aujourd’hui  en France des idées libérales, devient plus blâmable que d’annoncer qu’on a voté pour le Pen.
Or, les pays qui n’ont pas de chômeurs sont ceux qui mettent en pratique la libre entreprise. Les USA en sont devenus le modèle honni. Plus la politique mise en place est libérale, plus le chômage et la pauvreté régressent rapidement.
Maintenant que le Non est passé, soit nos hommes politiques cessent de dire des mensonges, et se mettent à copier ce qui se fait dans les pays qui n’ont pas de chômage. Nous sortirons rapidement  de l’ornière. Soit ils continuent à considérer le libéralisme comme la cause de tous nos maux. Ils continueront à freiner notre développement économique. Ils continueront surtout à être responsables d’une des sociétés la plus inégalitaire qui soit, avec ses millions de privilégiés  d’un côté, installés à vie dans un service public, et ses millions d’exclus sans emplois et sans avenir de l’autre, réduits à tendre la main vers un État dont les caisses sont plus que vides.

Sortir de l’euro ou réformer l’État?

À partir du moment où aucun pays européen ne veut adopter notre génial système socialo-égalitariste, la seule solution  envisageable pour une France qui souhaite encore rester dans le Marché commun est de freiner des quatre fers la libéralisation des échanges. D’où un Non spectaculaire à la libéralisation des services (70% de l’économie européenne) et un autre Non spectaculaire  à l’introduction de produits textiles chinois..  Alors que, depuis plus de dix ans, la France a totalement approuvé la libéralisation   des échanges, elle s’y oppose brutalement sur deux points essentiels…
Quand vingt pays européens sont favorables au libre échange qui amène chez eux richesse et stabilité, il est utopique de penser que nos partenaires européens vont nous suivre dans ces nouvelles errances.
Curieuse coïncidence. Pendant que la France, incapable de se réformer,  accuse les autres pays européens d’être responsables de ses malheurs, l’Allemagne et l’Italie, en train de se réformer, accusent la Banque centrale Européenne (la BCE) d’être responsable de leurs propres malheurs. Pour les hommes politiques français, nos malheurs  économiques sont dus à l’ultra-libéralisme des autres. Pour les hommes politiques allemands ou italiens, leurs malheurs économiques sont dus à la trop grande rigueur de la BCE. Dans les deux cas, c’est toujours un autre qui est coupable.
Que les Français aient voté oui ou non, qu’ils soient de droite ou de gauche, leurs hommes politiques ont proclamé qu’ils ne tolèreront plus l’évolution libérale de l’Europe. De leur côté, les hommes politiques allemands et italiens ne tolèrent plus la rigueur de la BCE.
Après toutes ces affirmations mensongères, il va maintenant être très difficile  aux responsables politiques de trouver une solution négociée pour l’Europe. Cela les obligerait à dire la vérité à leurs peuples. Les responsables politiques vont donc s’opposer de façon fondamentale.
La sortie de l’euro devient une solution de facilité tentante. Ce serait une très grave erreur…


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En bref
GOUVERNEMENT

Le gouvernement de Dominique de Villepin compte 31 membres, soit moins que la moyenne des gouvernements de la Ve République : le gouvernemement le plus nombreux a été celui de Michel Rocard (49 membres) et le plus resserré, celui de Georges Pompidou (26 membres).

Divers faits

BUDGET á L’Union européenne a atteint un nouveau plancher historique dans l’exécution de son budget : ses crédits inutilisés pour 2004 représentent seulement 1% du budget (1,2 milliard d’euros). Par ailleurs, les recettes ayant été plus élevées que prévu, l’excédent budgétaire de l’UE s’est élevé pour 2004 à 2,7 milliards d’euros.

MPF á Le Mouvement pour la France présidé par Philippe de Villiers revendique 12500 adhérents, dont au moins 5000 ont adhéré durant la campagne référendaire.

CATHOS á Les catholiques pratiquants ont massivement voté oui à la constitution européenne : 66% des pratiquants réguliers (contre 44% seulement pour les catholiques non-pratiquants).

EMPLOI á La « politique de l’emploi » coûte au moins 25 milliards d’euros par an, dont 15 milliards d’euros de réduction de charges corrélative à la réduction du temps de travail. À ces réductions de charge, il faut ajouter le coût des 600 000 emplois « aidés », ainsi que celui des 400 000 contrats d’alternance…

CNIL á La Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés a reçu 7 511 saisines en 2004, soit une hausse de 22,4 % par rapport à 2003. Les nombreuses demandes d’accès à des fichiers de police et de gendarmerie ont, quant à elles, progressé de 69 %…

Médias

SUD RADIO á Les journalistes de la station Sud Radio, basée à Toulouse, sont en grève pour protester contre le rachat de leur société (actuellement détenue à 78% par une filiale du groupe pharmaceutique Pierre Fabre) par un groupe de radios régionales, Sud Porters.

BBC á La direction de la BBC a annoncé un plan de suppression de 3780 emplois.

EXPRESS á Serge Dassault a placé à la tête du conseil de surveillance de « L’Express » (que la Socpresse a racheté en juin 2004) son conseiller Rudi Roussillon. Celui-ci remplace Jacques Duquesne, atteint par la limite d’âge (75 ans). Les journalistes du groupe se sont fortement opposés à cette nomination et ont rédigé une motion soutenue par 120 des 129 suffrages exprimés (représentant 80% de participation) dénonçant un « diktat brutal, infondé et néfaste pour tous »…

PRISMA PRESSE á Axel Ganz, le célèbre patron de Prisma Presse (société éditrice notamment de « Femme actuelle », « National Geographic », ou « Capital »…), âgé de 67 ans, devrait confier en juillet prochain la direction de son groupe à Fabrice Boé (43 ans), actuellement responsable du pôle féminin du groupe.




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