Lance Pierre - mercredi 26 avril 2006
Tous les événements politiques du Proche-Orient démontrent l’influence grandissante de l’islamisme dans les pays arabes. Les gouvernements des pays musulmans dits modérés ne peuvent contenir qu’à grand-peine, et souvent illégalement, la popularité de l’islamisme.
Dans tous les pays arabes où les élections seraient parfaitement libres, et où le pluralisme des candidatures serait scrupuleusement respecté, les partis islamistes l’emporteraient sans difficulté. Le cruel paradoxe, c’est que la démocratie pleine et entière favoriserait aussitôt l’arrivée au pouvoir de théocrates extrémistes dont la première action serait de la détruire. Ce phénomène découle logiquement d’un constat irrécusable : le monothéisme est, dans son principe même, incompatible avec la démocratie, parce qu’il serait évidemment blasphématoire de prétendre opposer la volonté du peuple à la volonté de Dieu. Elles doivent coïncider. Mais qui est en mesure d’affirmer cette coïncidence éventuelle ? La volonté de Dieu ne s’exprimant jamais, et pour cause, sont seuls réputés pouvoir l’exprimer ses représentants autoproclamés, dans n’importe quelle religion. C’est ce qu’on appelle la théocratie, ou gouvernement des prêtres, c’est-à-dire le gouvernement d’une minorité d’individus qui se disent détenteurs d’une vérité révélée absolue et indiscutable.
En Occident, la passion de la liberté individuelle parvint à faire échec à la théocratie judéo-chrétienne et à lui interdire, non sans peine, l’accès au pouvoir politique direct. Elle n’a conservé que le pouvoir dit « spirituel », c’est-à-dire sa capacité de manipulation des esprits qui lui sont soumis dès l’enfance, ce qui représente encore un pouvoir non négligeable. Néanmoins, la succession de la Renaissance, du siècle des Lumières, de l’Encyclopédie, de la Révolution française et de la séparation de l’Église et de l’État finirent pas retirer à la caste sacerdotale la prétention de régenter la société humaine. Et aujourd’hui, les Israélites et les Chrétiens parviennent en grande majorité à concilier dans leur esprit la croyance religieuse et le sentiment démocratique.
Certains vont même jusqu’à revendiquer une origine chrétienne à la démocratie, petite acrobatie intellectuelle inspirée par ce que les psychologues appellent le « désir de cohérence », qui pousse toute personne raisonnable à résorber ses contradictions internes, afin de vivre autant que possible en paix avec elle-même.
Islam et démocratie
Malheureusement, l’Islam n’a rien connu de cette évolution. La grande majorité des citoyens des pays arabes est inculte, ils ne connaissent à peu près rien de l’histoire du monde et les plus cultivés sont imprégnés des dogmes distillés par les écoles coraniques. Si l’on ajoute à cela leur natalité excessive dans des nations aux maigres ressources agricoles, la permanente envie distillée par les feuilletons télévisés qui leur montrent l’insolente prospérité de l’Occident, et enfin le conflit israélo-palestinien qui exacerbe les tensions, il n’est pas surprenant que se développe chez ces peuples un ressentiment générateur d’agressivité. La seule richesse des pays arabes, c’est le pétrole. Encore n’est-il une richesse que parce que les Occidentaux ont inventé les moteurs, les automobiles et les avions, et de plus les techniques de prospection et de raffinage. La seule richesse des peuples arabes, c’est encore à nous qu’ils la doivent.
Or, cette richesse va se tarir dans quelques décennies. Quand les Arabes n’auront plus de pétrole tout en étant de plus en plus nombreux, de quoi vivront-ils ? Fanatisés par l’islamisme, il seront fatalement conduits à tenter d’envahir le monde, et le monde sera donc fatalement conduit à les écraser. Si les gouvernements et les élites arabes n’entreprennent pas résolument dès aujourd’hui d’écarter les islamistes du pouvoir politique et de réduire drastiquement la natalité de leurs populations, ils peuvent s’attendre à ce que celles-ci soient victimes avant 2 030 du plus formidable génocide de tous les temps. L’Avenir n’est pas donc pas très souriant, ni pour eux ni pour nous.
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Le dernier livre de Pierre Lance : "Le Fils de Zarathoustra", vient de paraître aux Éditions Véga (315 pages, 22 euros). Ce conte philosophique est une radioscopie de notre civilisation tuberculeuse.
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