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La trahison de Nicolas Sarkozy |
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Milliere Guy - mardi 22 septembre 2009
sarkozy
J’ai fait partie de ceux qui ont appelé à voter en faveur de Nicolas Sarkozy. Je n’avais pas de grandes illusions, mais je pensais néanmoins qu’après les désastreuses années Chirac, qui elles-mêmes succédaient aux calamiteuses années Mitterrand, un minimum de changement pourrait venir d’un homme qui ne se disait pas socialiste.
Force m’est de constater qu’un changement a eu lieu, effectivement : dans la direction du pire. Nicolas Sarkozy use et abuse d’idées délétères qui risquent fort de détruire les derniers ressorts de ce pays.
En politique étrangère, malgré quelques propos minimalement courageux sur l’Iran ou la Russie, la ligne directrice essentielle semble être la continuation et l’approfondissement de la politique musulmane de la France dont la culmination espérée serait l’Union pour la Méditerranée.
Nous avions, déjà, au cœur de Paris, un Institut du monde arabe destiné à exalter les apports essentiels de la culture du Maghreb, du Machrek et du prophète sans lequel, semble-t-on vouloir nous faire penser, nous ne serions rien, et nous pouvions y voir des expositions telles que « Silence Gaza » qui se déroule en ce moment, et qui montre (je cite la brochure) les « crimes contre l’humanité » commis « par l’armée israélienne contre les Palestiniens ». Nous avions les liens soigneusement tissés de la finance islamique…
Mais ce n’était pas suffisant, semble-t-il. Au cours des deux années écoulées, Kadhafi a pu planter sa tente près de l’Élysée ; Bachar al Assad a été invité à passer les troupes en revue un 14 juillet. Le Président français s’est affiché dès qu’il a pu au côté d’Hosni Moubarak pour faire avancer un « processus de paix » qui est, en fait, un processus de guerre.
Et, sous son égide, des banques françaises élaborent des produits certifiés conformes à la charia de plus en plus nombreux, et des universités proposent des diplômes où les étudiants travaillent sous la conduite des docteurs de la foi.
On pourrait presque se demander pourquoi, en ces conditions, la France maintient des troupes en Afghanistan : les financements qui soutiennent les talibans sont, de fait, très « islamiquement corrects ».
Envoie-t-on les soldats français se battre contre des gens bénéficiant de subsides entretenus par le biais de produits tels le « Karama (dignité) éthique » auquel on m’a suggéré récemment de souscrire via internet ? La question mérite d’être posée. La question de savoir si la finance islamique est à même de contribuer à la « moralisation de la finance » que Sarkozy veut « obtenir » à Pittsburgh au G20 mériterait de l’être aussi : il serait utile de savoir si la moralisation évoquée est celle qu’on prêche à al Azhar…
En politique intérieure, ce n’est pas vraiment mieux. La croissance en fin d’année sera négative. Le chômage et la misère continuent à augmenter, tout comme le désespoir de nombreux salariés. Mais les priorités du Président français semblent être ailleurs, sans rapport avec les mesures libératrices qui pourraient permettre un retour effectif à la croissance.
Après s’être fait, avec des accents dignes d’Al Gore, le chantre d’une taxe carbone qui va alourdir tous les coûts d’échange et de production, et qui n’est jamais que la énième augmentation d’impôt depuis deux ans, après avoir repris en main la radio et la télévision publiques sur un mode bonapartiste, après avoir démembré toute opposition démocratique sur un mode poutinien, après avoir proclamé, sur un mode digne de Marie-Antoinette parlant de brioche, que la baisse des prix dans la téléphonie n’était pas toujours la meilleure solution pour le consommateur, Sarkozy a fait l’éloge des travaux de la commission présidée par l’économiste très à gauche Joseph Stiglitz. Au Produit intérieur brut, il faudrait substituer une sorte de bonheur national brut censé prendre en compte non seulement la richesse créée, mais le temps de loisirs, la qualité de l’air, et que sais-je encore…
Je doute que les chômeurs de longue durée, les indigents, les sans-abri, goûtent vraiment le bonheur défini par Stiglitz. Je doute aussi qu’ils soient portés par le désir ardent de sacrifier leur existence en songeant que ce sera bon pour l’avenir de leurs enfants, comme le leur propose Sarkozy. Mais le Président et la nomenklatura qui l’entoure n’ont que faire des pauvres. José Bové entrera-t-il bientôt au gouvernement ? Au point où nous en sommes…
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Diversité
On n’en fait jamais assez dans le service des « minorités ». Valérie Pécresse vient d’en faire l’amère expérience, comme nous l’apprend notre consœur Claude Lorne : Pécresse avait lancé une édifiante campagne de lutte contre « l’homophobie » à l’université. Las ! les modèles de cette campagne d’affichage étaient des blancs. L’association LGBT (lesbien, gay, bi et trans…) Afro-Antillaise (sic !) a rugi de colère au motif que la ministre ignorait la diversité de la société française !
Chiffres significatifs
Préservatifs > 97 millions de préservatifs ont été vendus en France en 2006.
production > Le Centre national de la cinématographie a investi 1,5 milliard d’euros dans la production de films en 2008, en hausse de 17 % par rapport à 2007.
ITunes > La plate-forme de téléchargement d’Apple, iTunes, vend désormais 25 % de la musique vendue aux États-Unis, loin devant le n° 2, Walmart (14 %).
Hôpital > En 2005, la situation financière des hôpitaux publics était excédentaire (200 millions d’euros). L’année suivante, elle était au contraire déficitaire de 200 millions. 23 centres hospitaliers régionaux sur 30 étaient en déficit en 2006, contre 16 l’année précédente.
Parlement > Au cours de l’année 2008-2009, le sénat a siégé 124 jours en séance publique et l’assemblée nationale 131 jours. Ce qui constitue un record sous la Ve République. Au cours de cette année parlementaire, 40 lois ont été adoptées, 8 projets de loi (textes d’origine gouvernementale) et 16 propositions de loi (textes d’origine parlementaire) ont fait l’objet d’au moins une lecture. |
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