Menou Pierre - vendredi 13 janvier 2012
Les politiques en campagne sont prêts à tout pour grappiller des voix et donnent sans états d’âme dans la pire démagogie, on le sait. Mais les propositions de François Hollande concernant une éventuelle réforme du quotient familial ne sont pas seulement démagogiques, elles trahissent surtout une méconnaissance abyssale de son sujet. Et l’on n’a guère entendu de voix s’élever, du côté de la majorité, pour rappeler les fondamentaux de la politique familiale – ce qui ne laisse pas d’inquiéter.
La politique familiale, qu’elle prenne la forme de réductions d’impôt ou d’allocations familiales, ne procède pas de la même logique que les aides sociales, avec lesquelles elle ne doit pas être confondue. Il ne s’agit pas de mesures d’assistance, mais d’équité.
Une famille qui a des enfants rend service à l’ensemble de la société – comme le montrent par exemple les menaces que fait peser sur nos régimes de retraites le déficit démographique. Une nation sans enfant est une nation sans avenir et l’appel à l’immigration ne comble évidemment pas les vides, la substitution de population se soldant par un phénomène général de perte d’identité, de déracinement pour les immigrés, par ailleurs incapables – et pour cause ! – de transmettre les valeurs, les traditions et les usages propres à la nation d’accueil.
A cet égard, on peut d’ailleurs penser que la politique familiale, précisément parce qu’elle ne procède pas d’une logique d’assistance sociale mais de l’encouragement à la natalité française, ne devrait s’appliquer qu’aux nationaux.
Elle vise à éviter qu’à revenus égaux, les familles nombreuses ne s’appauvrissent trop par rapport à celles qui, n’ayant pas d’enfant, sont plus à même d’épargner. A terme, en effet, les enfants des premières paieront les retraites des seconds et par leur activité feront fructifier leur épargne. C’est pour limiter ce déséquilibre qu’ont été mis en place les instruments de la politique familiale. Il s’agit bien d’un souci d’équité.
La proposition de François Hollande, si elle était appliquée, aurait un double effet : d’une part, à revenus égaux, elle défavoriserait les familles nombreuses par rapport aux familles sans enfants ; d’autre part, elle priverait des familles françaises appartenant à la classe moyenne de ce soutien de l’Etat à la natalité, alors que des familles immigrées continueraient à en bénéficier, sans intérêt pour la nation !
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