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La zone euro et l’euro fragilisés : triste bilan pour la France qui a fait de l’euro une morphine


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de Beaufort Hubert - lundi 13 décembre 2010

euro, economie

Pourquoi ces craintes concernant les tensions entre les pays européens et sur l’euro ébranlé par la situation de l’Irlande, de la Grèce, du Portugal, de l’Espagne ?

A tort ou à raison, l’euro se voulait une ambition politique, économique et financière, cet euro récusé par l’Angleterre viscéralement attaché à sa Livre.

Dix ans après sa création, il faut constater que l’euro fut d’abord un outil politique qui malheureusement n’a pas servi à dynamiser les économie européennes, mais a permis à nombre de gouvernants de s’endetter à tout va, grâce au parapluie allemand, pays qui, lui, n’a jamais abandonné sa politique de rigueur et présente une balance commerciale florissante, avec un PIB industriel double de celui de la France, une croissance et un équilibre budgétaire retrouvé.

Un constat aujourd’hui : l’euro, c’est le mark, car ses surplus commerciaux compensent les déficits de ses partenaires européens. C’est grâce à Berlin que nous conservons cette note d’excellence, le triple A (AAA), décerné par les agences de notation. Cette note nous permet d’emprunter à 3 % avec des agios de 50 milliards d’euros, le premier budget de l’Etat. Que deviendrait la France et notre économie si nous devions emprunter à 5 % ou même à 7 %, ou pire à 9 % ?

Trop pessimiste, ce constat sur l’euro, dirons certains. Les réalités ne sont pas faites pour décourager, mais pour réagir afin de retrouver la voie d’une vraie croissance, de vrais emplois, d’une vraie France.

Nous ne pouvons continuer à être le champion des prélèvements, le champion du social à crédit, tout en souffrant d’un chômage de masse et de 25 ans de déficit.

L’euro nous sert de ligne Maginot. Nous savons comment cela s’est terminé.

La racine du problème, l'excès d'endettement des secteurs privés et publics.

L’histoire devrait servir de leçon. Nos politiques sont certes pavés de bonnes intentions, en oubliant que les écritures prédisaient déjà « que l’enfer en est pavé, lui aussi, de bonnes intentions ». Les mises en garde ne manquent pourtant pas et l’économiste Roubini, qui avait prévu la crise, nous prévient : « La France n’est pas en bien meilleur état que les pays surendettés de la zone euro comme la Grèce ou l'Irlande ».

Interrogé sur la loi de réforme française des retraites, il s’est exprimé ainsi : « Avec cette réforme des retraites, on a déjà une forte résistance politique. Qu'est-ce que ça va donner quand on verra des réformes radicales ? C'est une question qui reste posée dans le cas de la France », a-t-il indiqué.

Roubini se prononce pour une restructuration des dettes publiques européennes et explique que les sauvetages par la zone euro ou le Fonds monétaire international ne s'attaquent pas à la racine du problème, l'excès d'endettement des secteurs privés et publics.

« Personne ne viendra de Mars ou de la Lune pour sauver le FMI ou la zone euro », a conclu Roubini.

L’Allemagne protège l’euro, qui nous protège encore. C’est un sursis qui implique une mobilisation générale des énergies pour des réformes profondes. Mais ce sursis n’aura qu’un temps, donnant raison aux 28 % de Français qui voudraient un retour au franc, et au Front national qui a toujours récusé l’euro.

Espérons et militons pour que nos politiques abandonnent toute démagogie pour œuvrer pour un vrai redressement du pays. L’euro, symbole politique de l’Europe s’est trop souvent transformé en morphine : il faut désintoxiquer les malades, progressivement, mais fermement.

Encore une fois, le succès du film « Les hommes et les dieux », montre qu’il existe chez nos concitoyens une attente diffuse, mais profonde, d’un vrai renouveau. Cette attente ne doit pas être déçue. Avec votre aide, nous y travaillons.Aujourd’hui, une certitude : sauvons l’euro et notre triple A (AAA), qui donne confiance aux investisseurs.

Hubert Beaufort

Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame


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