Milliere Guy - mercredi 14 septembre 2011
terrorisme
Nous sommes arrivés au dixième anniversaire du 11 septembre. Des commémorations ont eu lieu à New York, à Washington et dans tous les États-Unis.
Les médias européens en ont traité abondamment. La tonalité générale a été celle de la tristesse, du recueillement, du souvenir. Et cela a été logique : les plus effroyables attentats terroristes de l’histoire ne peuvent que susciter de la tristesse, tant de morts innocents en une seule journée ne peuvent qu’inciter au recueillement. Tant de vies brisées impliquent qu’on se souvienne de ceux qui sont tombés, et, aussi, de l’héroïsme et de l’abnégation des secouristes qui ont laissé leur vie pour sauver d’autres vies, sans toujours y parvenir.
Des remarques porteuses de ressentiment ont été émises ici ou là, et on pouvait s’y attendre : lorsqu’il s’agit des États-Unis, et lorsque les morts sont essentiellement Américains, des gens par millions se plaisent à ricaner ou à cracher leur bile.
Les théories du complot ont continué à circuler sur internet : certains s’évertuent encore à répéter que tout cela a été un coup de la CIA et du Mossad, qu’aucun avion ne s’est écrasé sur le Pentagone, et, sans doute, que tous les passagers de l’avion qui ne s’est pas écrasé ont été envoyés avec un gros chèque se faire changer les traits du visage, tandis qu’on leur donnait une nouvelle identité. C’est lamentable, mais c’est ainsi.
Ce qui a manqué, à mes yeux, a été une dimension essentielle : le rappel de l’existence du mal et de la nécessité d’être vigilants et déterminés face à lui.
Que ce rappel ait été absent en Europe est tristement logique. Sur ce continent décadent, nul ne peut plus parler de bien et de mal sans se trouver sévèrement fustigé. Tout est relatif et tout est négociable.
En France, on enlève le mot « shoah » des livres scolaires et on introduit en parallèle le mot « nakbah ». On traite tous ceux qui sont un peu plus adeptes de la liberté d’entreprendre que le parti socialiste de fascistes, parfois de nazis, et on utilise ces épithètes pour décrire les conservateurs américains et les membres des Tea parties – ce qui équivaut à dire que les écrits de Ben Franklin ou de Thomas Jefferson sont des écrits fascistes ou nazis. Dans le même temps, on ferme les yeux sur l’existence des vrais fascistes et des vrais nazis de ce temps : ceux qui, par exemple, lisent « Mein Kampf » à Gaza ou à Téhéran.
L’Europe est couchée, résignée, mentalement rongée par les vapeurs d’opium du « politiquement correct », prête à installer des islamistes au pouvoir en Libye ou ailleurs en arguant qu’ils sont « modérés » et qu’ils vont vendre du pétrole.
Que le rappel de l’existence du mal ait été absent du monde musulman et d’une bonne part des pays du tiers-monde est encore plus logique : dans ces contrées, on adhère souvent aux valeurs même du mal. On l’a vu d’ailleurs dès les attentats du onze septembre : ceux-ci ont été accueillis avec joie en divers endroits de la terre.
Que le rappel de l’existence du mal ait été aussi largement absent aux États-Unis m’a rappelé, une fois de plus, que nous sommes dans l’ère Obama. Par lassitude, par volonté de tourner une page douloureuse, parce que des Noirs ont voté pour un Noir, parce que des Blancs se sont dit que ce serait « antiraciste » de voter, eux aussi, pour un Noir, même en ne sachant rien sur son passé, parce que le peuple américain voulait être aimé (ou moins détesté), un imposteur a été porté à la Maison Blanche en 2008.
Cet imposteur a, cette année, donné des directives : le 11 septembre devait être une journée de tristesse et de recueillement, seulement cela. À peine une journée de souvenir.
Cela devait être aussi, a-t-il suggéré, une journée d’introspection et de « service ». Les Américains devaient montrer qu’ils sont gentils, et se demander ce qu’ils avaient fait pour mériter le châtiment qui leur a été infligé il y a dix ans.
L’imposteur installé à la Maison Blanche veut que tout, décidément tout, porte sa marque. Il a ravagé l’économie américaine et fait reculer la liberté sur terre. Il ne veut pas qu’on parle de l’existence du mal. Il ne veut pas qu’on parle de terrorisme. Il veut à peine qu’on dise que l’Amérique est porteuse de bien et de liberté.
Je le dis : je compte les jours en attendant novembre 2012 !…
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