Courrier - dimanche 27 mars 2005
Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) Dominique Baudis a déclaré que le CSA ne prévoit pas l’égalité de temps d’antenne entre « oui » et « non » pour la campagne officielle sur le référendum du 29 mai. « Nous allons indiquer à chaque parti le temps dont il va disposer dans le cadre de la campagne officielle. Les partis choisiront de s’exprimer d’une seule voix ou d’ouvrir les deux points de vue».
Cette déclaration est étonnante de la part du président du CSA, chargé de faire respecter l’égalité, la justice, dans l’audiovisuel. Un référendum est différent d’une élection ordinaire. Le référendum s’adresse directement à tous les Français, au-delà des partis politiques. Les élections ordinaires soumettent des noms, des listes de partis politiques, aux suffrages des électeurs. Le président de la République, pour la ratification du projet de Constitution européenne, avait le choix entre la voie parlementaire, Assemblée Nationale et Sénat, réunis en Congrès – ce fut le cas pour la récente révision de notre Constitution – et le référendum appelant chaque Français électeur à dire « oui » ou « non ».
Le président de la République a choisi la voie référendaire. Il veut donc bien s’adresser directement au peuple. Celui-ci, droite et gauche confondues, comprend des partisans du « oui » et du « non ». Il serait donc injuste que le CSA s’en remette aux directions des partis dont certaines ont déclaré interdire à la minorité de s’exprimer. Dans un référendum, la réponse inéluctable est « oui » ou « non ». Il serait équitable que le temps accordé aux partisans des deux camps soit égal. 50 % à l’un, 50 % à l’autre. n
le-lan.andre2@wanadoo.fr
André Le Lan
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