Vautrin Pierre - lundi 08 mars 2010
islam, immigration
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Le Choc des civilisation : mythe ou réalité ?
L’époque est à la multiplication des essais écrits en collaboration. Celui que viennent de publier les éditions Contretemps sur Le Choc des civilisations, mythe et réalités, rassemble les contributions de neuf historiens, sociologues, journalistes, géopoliticiens et théologiens, réunis lors de l’université d’été de Renaissance catholique : à savoir, Philippe Conrad (Le 11 septembre et le choc des civilisations) ; Anne-Marie Delcambre (Mythes et réalités de la civilisation musulmane) ; Aymeric Chauprade (Sept leçons politiques de l’affrontement entre l’Islam et la chrétienté) ; Claude Rousseau (Toutes les civilisations se valent-elles ?) ; Jean Madiran (La civilisation occidentale est-elle condamnée ?) ; Michel de Jeaghere (Comment meurt une civilisation) ; les abbés Guillaume de Tanouärn (Saint Pie X et la civilisation chrétienne) et Claude Barthe (La réforme liturgique et l’agonie d’une civilisation) ; et, pour conclure, Jean-Pierre Maugendre (Notre combat pour la civilisation chrétienne).
Tous ces textes sont des plus intéressants ; nous n’en retiendrons ici, très arbitrairement, que deux, sans exclure de revenir dans une prochaine chronique sur les autres (et notamment sur celui d’Anne-Marie Delcambre, qui démonte le mythe d’un âge d’or de la civilisation musulmane, essentiellement du aux apports des chrétiens d’Orient et à l’influence de Byzance.
Philippe Conrad, en premier lieu, aborde en historien le thème du « choc des civilisations », développé dès 1997 par l’Américain Samuel Huntington, dont il souligne les contradictions et les arrière-pensées : Huntington, accuse Conrad, « a ajusté ses définitions historiques à ce qu’il croit être l’intérêt actuel de l’Amérique ».
L’historien brosse ensuite un tableau des relations pour le moins conflictuelles entre la chrétienté et l’islam depuis l’apparition de cette seconde religion, au VIIe siècle. « La confrontation entre l’Islam et l’Occident est une constante de l’histoire européenne », écrit-il.
Cette confrontation est faite de flux et de reflux. A cet égard, force est de constater que les musulmans ont repris pieds en Europe à la fin du XXe siècle, d’abord par le biais de l’immigration, puis avec la réinstallation dans les Balkans d’Etats musulmans, qui ont bénéficié de l’appui conjoint des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite. Philippe Conrad montre que les Américains ont d’ailleurs constamment joué la carte islamique, y compris en Afghanistan.
Le défi démographique
Son analyse est recoupée par celle d’Aymeric Chauprade, pointant l’ambiguïté de la politique des Etats-Unis, qui mettent à profit la guerre qu’ils livrent à l’islamisme pour construire avec l’Europe et la Russie un bloc transatlantique susceptible de s’opposer à la Chine (leur véritable adversaire) et pour contrôler le pétrole.
Conrad et Chauprade partagent également les mêmes vues à propos de l’immigration massive de populations musulmanes en Europe, qui « opère un changement de populations », écrit le second. « Dans cinquante ans, à mi-chemin du siècle, s’il n’y a pas de sursaut de la natalité de la population de souche française ni d’arrêt de l’immigration, la moitié de la population de la France sera musulmane. » De son côté, Philippe Conrad avertit que le monde musulman peut bouleverser l’équilibre de l’Europe : « Son mode d’action principal sera l’immigration qui permet toutes sortes de déstabilisations parce qu’elle est devenue depuis trente ans une colonisation de peuplement. »
On aurait tort d’en faire grief aux immigrés eux-mêmes : les deux auteurs soulignent la responsabilité de notre société, « destructrice de la famille, de l’éducation, de la vie, qui considère l’avortement comme un droit », écrit Philippe Conrad ; « individualiste et hédoniste (où) l’avenir de la descendance ne compte pas plus que le souvenir des ancêtres », ajoute Aymeric Chauprade, qui constate : « Nous vivons une époque d’irresponsabilité qui ne veut pas mesurer les conséquences de ses actes. »
Ni Conrad, niChauprade, ni les autres contributeurs de l’ouvrage ne considèrent cependant le déclin de notre civilisation comme une fatalité : « je crois que si nous pouvons bénéficier de la convergence d’une conscience historique réveillée, d’un renouveau spirituel et d’une volonté politique, une renaissance sera possible », conclut Philippe Conrad, en citant Jeanne d’Arc : « Dieu aidant et les hommes de guerre marchant, nous aurons la victoire. »
Mais l’historien avertit aussi : « Nous entrons dans des années décisives. »
Pierre Vautrin
Le Choc des civilisations, mythe et réalités,
éditions Contretemps,
321 pages, 20 €.
Commander par chèque : (+ 5,50 e de port)
4 Vérités-DIP 18 à 24, quai de la Marne 75164 Paris Cedex 19
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