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Le Fret SNCF soumis à la concurrence |
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Trémeau Bernard - mercredi 15 novembre 2006
sncf, greves, fret, concurrence, services-publics
Curieusement, la France était restée quelques mois sans grève de la SNCF. Cet « oubli » a enfin été réparé. Les syndicats ont fait une nouvelle grève, peu suivie, le 8 novembre. Les utilisateurs de la SNCF ont pu apprécier, une fois de plus, le service public à la française.
Tandis que le transport des passagers reste encore un monopole d’État, le transport des marchandises est assuré par une entreprise particulière : « Fret SNCF », entreprise soumise à la concurrence depuis le 1er avril 2006. Six compagnies privées de transport par rail sont maintenant autorisées à utiliser le réseau ferroviaire français. Les employés de Fret SNCF peuvent se faire beaucoup de souci…
Depuis quarante ans, en France, le transport des marchandises a évolué de façon très remarquable. En 1965, le rail et la route transportaient le même tonnage. Aujourd’hui, la SNCF transporte un peu moins de marchandises qu’il y a quarante ans, tandis que les camionneurs en transportent près de cinq fois plus. Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer cette évolution très divergente. Les coûts des transports par la SNCF sont bien plus élevés que les coûts des transports routiers. Les services rendus sont bien inférieurs. Les camions roulent 6 ou 7 jours par semaine et 24 heures par jour. Les trains de marchandise roulent seulement 5 jours par semaine et 7 heures par jour. Le délai moyen d’acheminement du fret est de plus d’une semaine par le train, de moins de trois jours par le camion. Les clients de la SNCF ont enfin, en prime, les multiples grèves qui bloquent leurs marchandises pendant des jours. Peugeot a abandonné le transport ferroviaire de ses voitures neuves, après une grève. Bien d’autres entreprises l’ont suivi. Sans la concurrence, le service rendu est toujours plus médiocre et plus coûteux.
Maintenant, six compagnies de transport de marchandises par rail vont concurrencer Fret SNCF. Or, l’entreprise n’est absolument pas compétitive.
Les cheminots des entreprises privées travaillent 220 jours par an, tandis que ceux de la SNCF s’arrêtent au bout de 200 jours. Les cheminots de la SNCF sont à la retraite à 50 ans, et ceux des compagnies privées à 60 ans. (De nombreux cheminots de la SNCF à la retraite sont, ainsi, embauchés jusqu’à 60 ans par les compagnies privées…) Les convois de marchandises de la SNCF emploient trois cheminots, les convois des concurrents un seul, sans avoir plus d’accidents. Les convois de marchandises de la SNCF roulent 6 à 7 heures par jour et 5 jours par semaine. Les convois des concurrents roulent 18 heures par jour et 7 jours par semaine. Ainsi, la SNCF n’utilise ses locomotives (2,5 millions d’euros) et ses wagons (250 000 euros en moyenne) que 35 heures par semaine, tandis que les compagnies privées les utilisent 126 heures. La rentabilité du capital investi est près de quatre fois plus forte dans une compagnie privée.
Maintenant que Fret SNCF est mis en concurrence avec d’autres compagnies, l’État français n’a plus le droit de renflouer les caisses de l’entreprise. Les accords signés par la France sont, sur ce point, parfaitement clairs et précis. Bruxelles veille au grain. Fret SNCF, déjà fortement mis à mal par la concurrence routière, n’arrive pas depuis des années à sortir du rouge. Le déficit a atteint, en 2003, 461 millions d’euros, déficit que nous avons épongé par nos impôts… Il sera encore de plus de 50 millions d’euros en 2006. La grève ne fera que l’aggraver un peu plus, de quelques millions. Mais depuis le premier avril, le gouvernement français ne peut plus donner de l’argent. C’est fini…
Les salariés de l’entreprise publique Fret SNCF s’étaient habitués, depuis cinquante ans, à travailler en dehors de la concurrence. Ils pouvaient donc, au fil de grèves prenant la population en otage, obtenir facilement de travailler de moins en moins, tout en gagnant de plus en plus. Depuis le premier avril, ils sont soumis à la concurrence. C’est une excellente décision. Mais il est impensable de croire qu’on va modifier radicalement le comportement de cheminots, enfoncés depuis cinquante ans dans le monde douillet du monopole d’État. Les soumettre à la dure concurrence ne peut qu’être explosif. Grèves et dépôt de bilan sont programmés.
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(+ 3 %) qu’en 2004 (+ 3,5 %), les impôts (+ 6,5 %) et cotisations (+ 3,5 %) se sont alourdis.
Big Brother á Le Royaume-Uni compte 4,2 millions de caméras de surveillance, une pour
14 personnes. Un Londonien peut être film jusqu’à
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Énergie solaire á Le marché mondial des cellules photovoltaïques s’accroît de près de 40 % par an.
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