Rouxel Jean - dimanche 12 février 2006
Depuis quelques mois, et surtout depuis les émeutes des banlieues à l’automne dernier, il est de nouveau question de la « lepénisation des esprits ». Et, s’il fallait un symbole de cette thématique, il suffirait de le chercher dans l’affiche réalisée par Act up et diffusée par un certain nombre d’associations d’extrême gauche présentant simplement la photo de Nicolas Sarkozy avec le slogan : » Votez Le Pen » !… Car, dans le code de déontologie du « politiquement correct », il n’est pas seulement interdit à la droite « républicaine » de s’allier de quelque façon que ce soit au FN pour battre la gauche. Il faut aussi admettre que la gauche a seule compétence de garantir que nous sommes indemnes de toute contamination. Or, décrire des réalités évoquées par le FN ou employer des mots utilisés par Le Pen, suffit à manifester une inquiétante « lepénisation »… Autant dire que les politiques français, qui ont accepté cet invraisemblable diktat, se sont condamnés à être, tôt ou tard, livrés en pâture aux médias comme infâmes suppôts du fascisme ! Et un homme de droite ne peut y échapper qu’à condition d’apporter régulièrement, à la gauche, la tête de ses voisins plus à droite que lui. C’est, par exemple, ce que Nicolas Sarkozy avait tenté de faire en condamnant le député UMP Christian Vanneste, décrété coupable d’homophobie, ou en s’écartant prudemment de Philippe de Villiers et de son « islamophobie ». Comme on le voit, cela n’aura pas suffi… Les électeurs de droite ne parviennent pas à comprendre pourquoi les condamnations les plus péremptoires des politiques de leur propre camp sont pour leurs amis et non pour leurs adversaires socialo-communistes, mais c’est ainsi. C’est assez dire, sans doute, que cette « lepénisation des esprits » est une pure fantasmagorie. Mais toute fantasmagorie peut avoir une part de réalité et, en particulier, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que celle-ci prenne une consistance particulière lors des prochaines échéances électorales. En l’occurrence, Nicolas Sarkozy affirme que son « parler vrai » réduit l’influence électorale du FN et il prend argument des résultats aux élections partielles. Il est clair que cet argument n’en est pas un, puisque le parti lepéniste n’a jamais brillé dans les partielles. Le plus vraisemblable – en tout cas, si Jean-Marie Le Pen arrive aux présidentielles en bonne forme – serait plutôt qu’après avoir été, sans effort, le centre des conversations politiques, de gauche comme de droite, le FN réalise un score aussi bon qu’en 2002…
36 commentaires - Ecrire un commentaire
|