Rouxel Jean - mercredi 25 mai 2011
Dans le tintamarre de l’affaire DSK, l’annonce est passée relativement inaperçue. Elle est pourtant cruciale. Nicolas Sarkozy a demandé au G20 de travailler sur une protection sociale minimale.
Pour le moment, nous n’en savons pas plus et c’est naturellement dans son application concrète que nous pourrons voir si cette annonce est une bonne ou une mauvaise chose.
S’il s’agit de proposer au monde entier le système de protection sociale « que le monde entier nous envie », ce ne sera certes pas une bonne chose. Et l’ensemble des pays de la planète déclinera poliment la proposition !
Le système quasi soviétique de protection sociale français, où les prestations sont entièrement découplées des cotisations, est en effet extraordinairement déresponsabilisant. Et il suffit de se rappeler que l’on estime les fraudes à la Sécurité sociale à 4 milliards d’euros annuels – chiffre officiel ! – pour avoir une petite idée du coût de cette déresponsabilisation (car, bien entendu, la fraude n’est qu’une « petite » part des dépenses sociales indues).
Bref, le vieux slogan révolutionnaire : « De chacun selon ses capacités à chacun selon ses besoins », qui sert de base au système français, ne risque pas de séduire nos partenaires !
En revanche, l’annonce de Nicolas Sarkozy pourrait s’avérer une bonne nouvelle s’il s’agissait de quitter l’irénisme déconcertant des « élites » européennes.
Depuis des décennies, on nous chante les vertus de la mondialisation. Et on a raison sur le principe : l’abaissement des barrières douanières favorise les échanges, augmente notre pouvoir d’achat, et élargit les débouchés de nos entreprises.
Mais tout se passe comme si on admettait que la concurrence était « libre et parfaite ». Ce qui est loin d’être le cas. Comme chacun sait, la concurrence est souvent faussée.
C’est évidemment vrai dans les échanges avec la Chine, avec qui nous acceptons de traiter comme s’il était indifférent d’employer des salariés ou des prisonniers politiques ! Mais c’est vrai aussi avec les États-Unis qui considèrent que certains marchés sont stratégiques pour leur sécurité nationale et interdisent unilatéralement aux entreprises européennes d’y concourir…
J’ajoute que, de façon générale, nous ne pourrons maintenir un niveau élevé de protection sociale qu’en en faisant porter le prix, non pas sur le travail ou sur le capital, mais sur la consommation. Or, c’est ce que la gauche et une bonne partie de la droite vilipendent sous le nom de « TVA sociale »…
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