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Le Juif des États toujours plus isolé


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Milliere Guy - mardi 26 mai 2009

israel, religion
Le Juif des États. C’est l’expression que le juriste américain Alan Dershowitz emploie pour définir la façon dont le monde occidental en général, et l’Europe en particulier, traite Israël. C’est une expression dont je n’ai pu m’empêcher, au cours des dernières semaines, de ressentir la pertinence.

La visite du Pape en « Terre sainte » aurait pu rester sur le terrain spirituel ; elle a débordé plusieurs fois en direction de la politique.
La première, lors de sa visite à Yad Vashem : parler de juifs « tués » et pas de juifs assassinés a été une faute. On s’en est tant aperçu au Vatican qu’un discours prononcé juste avant que Benoît XVI ne prenne l’avion du retour a été destiné à préciser les choses. Les précisions apportées ont-elles été suffisantes ? J’en doute. Le pape Pie XII, qu’il est question de canoniser, n’a pas eu un comportement exemplaire au temps où l’Allemagne était aux mains d’Hitler, et l’Église catholique a eu, avec le nazisme, des liens troubles qui resteraient à élucider pleinement. D’autant plus qu’avant le concile Vatican II, le peuple juif continuait à se voir considéré comme peuple déicide par la doctrine catholique. Le représentant du Vatican est resté présent à Durban II pendant qu’Ahmadinejad parlait.

Que Benoît XVI ait dénoncé l’antisémitisme est une excellente chose. Il est cependant regrettable qu’il l’ait dénoncé dans l’abstrait, mais que cela ne lui ait pas paru impliquer de ne pas rencontrer des antisémites concrets tels que les dignitaires de l’Autorité palestinienne.
Il est plus regrettable encore qu’il se soit peu préoccupé de la situation présente des Chrétiens dans les terres de Judée-Samarie placées sous le funeste contrôle de l’Autorité palestinienne. Cette situation ne peut se qualifier que d’un seul mot : persécution. En Israël, les Chrétiens, comme les Arabes israéliens de confession musulmane, sont libres de pratiquer leur foi. Une ville comme Bethléem, elle, se vide de sa population chrétienne et, au rythme où cela se produit, le prêtre qui célèbre la messe de minuit à Noël sera bientôt seul avec, pour la photographie, des musulmans antisémites pour constituer l’auditoire. Les autorités chrétiennes palestiniennes sont des marionnettes soumises. Cautionner cette situation n’est pas vraiment digne.

Venir parler, comme l’a fait Benoît XVI, au pied de la barrière de sécurité sans rappeler que celle-ci a été construite pour contrer le terrorisme islamique est une erreur qui aurait pu être évitée en allant parler ailleurs. Évoquer la nécessité d’une « patrie palestinienne », dire aux Arabes de Judée-Samarie qu’elle devra renaître sur la terre de leurs « ancêtres », qualifier la barrière de « mur tragique », a constitué de la part du Pape un ensemble de propos politiques très déplacés et a montré une acceptation par l’Église d’une falsification des faits : la plupart des Arabes concernés n’ont jamais eu d’ancêtres sur ces terres ; il n’y a jamais eu dans l’histoire de « patrie palestinienne » ; et ce qui est tragique, ce n’est pas la barrière, mais le terrorisme.

Benoît XVI a fait preuve d’un irrespect envers Israël qui correspond, hélas, à l’irrespect envers Israël que manifestent les dirigeants européens depuis longtemps. Il a alimenté la diabolisation d’Israël. Nombre de journalistes européens dénonçaient les Juifs au temps d’Auschwitz. Leurs descendants aujourd’hui dénoncent les Israéliens avec la même ardeur et la même bonne conscience. Le vocabulaire qu’ils emploient : colonisation, territoires palestiniens occupés, illégalité israélienne au regard du droit international (quel droit ? celui dit par des pays tels que la Libye à l’Onu ?), provient directement des officines de propagande de Ramallah. Je regrette que le Pape ait apporté de l’eau à leur moulin de pollution mentale.

Quelques jours plus tard, Barack Obama poursuivait sa politique de trahison d’Israël, tout en proclamant hypocritement son « amitié » à Benyamin Netanyahu. On ne peut attendre autre chose d’un ancien musulman converti à une théologie raciste et marxiste de la libération. Sous Obama, le Juif des États va être un peu plus isolé.

Daniel Pipes, il y a quelques années, parlait d’accoutumance des esprits à une seconde shoah. Je pense qu’il a raison. La différence est que, cette fois, le peuple juif a des armes et se défendra. Obama accepte, de fait, que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Je doute que les Israéliens soient du même avis…

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