Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 28 janvier 2009
parti-socialiste
Le Parti socialiste a beau avoir désormais une équipe dirigeante, on ne peut pas dire qu’il soit en grande forme. Cela me réjouirait si cette situation tenait à l’éclatante santé de la droite française – mais j’en doute fort.
Cependant, malgré l’atonie de ses propositions et de ses dirigeants, le PS cogne autant qu’il le peut sur la politique de Nicolas Sarkozy. Il sait bien que c’est la seule façon pour lui d’emporter la mise électorale : en comptant sur la possible déception de l’électorat de droite. Une victoire par défaut en somme ! Bref, le PS cogne tous azimuts, sans beaucoup de logique, de cohérence, ni de souci de la réalité du pays.
Beaucoup de commentateurs ont signalé le « contre plan de relance » de Martine Aubry. Il est vrai qu’il est particulièrement « gratiné ». Il commence même par moquer le ministre du Budget Éric Woerth qui déclarait cet été : « La France n’a pas besoin de plan de relance, mais de réformes et d’une gestion rigoureuse. » Je le crois aussi (et je regrette que le gouvernement ne s’en soit pas tenu à cette sagesse). Trouver cela ridicule n’est pas très bon signe sur la relance que nous concocteraient les socialistes s’ils reprenaient le pouvoir.
Mais c’est dans les propositions que le PS est le « meilleur » ! Car ces braves gens proposent un plan de relance plus vaste (où trouvent-ils les milliards supplémentaires ?) et surtout plus ciblé sur la consommation.
Le PS veut aggraver la crise du crédit à outrance
Il est impossible de se tromper plus largement. La crise est essentiellement une crise de la consommation. Les États, les banques, les particuliers ont voulu consommer avec de l’argent qu’ils n’avaient pas. Le bon sens exigerait donc de réduire la consommation, le temps de reconstituer les réserves. Eh bien non ! Au PS, on a des idées géniales : puisque la société de la consommation à crédit et à outrance agonise sous nos yeux, redonnons-lui un peu d’oxygène sous forme de milliards d’euros pris dans les poches des contribuables pour relancer la consommation !
Je renvoie le lecteur à l’article de Bernard Tremeau (voir PS : un programme économique suicidaire) pour quelques exemples concrets de cette catastrophique relance par la consommation. Pour ma part, je ne note qu’une chose : le « contre-plan » de relance socialiste croit discréditer le plan de relance de Sarkozy en déplorant que ce dernier ne consacre que 5 % des fameux 26 milliards d’euros au « soutien à la consommation ». Comment les socialistes ne voient-ils pas que c’est 5 % de trop ?
La position socialiste sur la réforme des collectivités territoriales
Mais il est un autre dossier que la grande presse a peu commenté. Le secrétariat national du PS a chargé Élisabeth Guigou de présenter la position socialiste à la commission Balladur sur la réforme des collectivités territoriales.
En gros, la thèse du PS tient en un mot : NON ! En particulier, non à la fusion entre l’échelon départemental et l’échelon régional. On comprendrait que le PS fasse remarquer que cette fusion sera délicate ou qu’il exprime ses inquiétudes sur un éventuel « charcutage » par lequel le pouvoir central reviendrait sur ses derniers échecs aux élections locales. Mais refuser a priori cette fusion ne me semble pas très rationnel.
Surtout, les arguments de Mme Guigou lors du point presse du 13 janvier sont assez curieux. Même sans tenir compte de cette assertion originale : « Les trois échelons [État, région, département] existent dans chaque pays européen. » Nous ne devons pas connaître les mêmes pays…
Plus sérieusement, l’ancien Garde des sceaux déclare : « Nous faisons le constat que ce qui a été décentralisé fonctionne bien. » J’avoue humblement que cela m’avait échappé ! Il me semblait plutôt que les dépenses publiques avaient explosé, faute de supprimer dans les échelons nationaux ce que l’on créait dans les échelons locaux. Je ne vois vraiment pas le succès de la décentralisation. À vrai dire, je ne vois même pas de décentralisation. Nulle part, nous n’observons une réelle autonomie de gestion des échelons locaux. La moitié des budgets des collectivités provient de l’État central. À qui fera-t-on croire qu’ainsi, les décisions publiques sont prises « au plus proche des gens » et donc plus efficacement ?
Mme Guigou ajoute : « Nous ne sommes pas d’accord pour limiter le champ de l’action publique. » Elle propose dans la foulée de pousser plus à fond la décentralisation. Ce qui, si les mots veulent dire quelque chose, signifie d’une part que la décentralisation actuelle va dans le bon sens et d’autre part qu’elle ne va pas assez loin. Conséquence nécessaire : la France ne souffre pas d’un trop-plein d’échelons territoriaux, mais d’un manque. Là encore, ça m’avait échappé !
Décidément, le PS s’agite beaucoup, mais il ferait mieux – pour lui, mais surtou pour nous – de se reposer !
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