Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Le PS n’est pas un « parti de gouvernement » !


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
18 VOTES
1105 LECTURES

Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 27 avril 2011

parti-socialiste
Ces derniers temps, il est fréquent de lire dans la presse des commentaires critiquant Marine Le Pen pour son programme économique. Je suis de ceux qui considèrent que ce programme mériterait d’être « musclé ». Car, à côté d’intuitions intéressantes, on y trouve des relents de « grand soir » qui ne me paraissent pas plus crédibles ici qu’ailleurs.

Cependant, il est une chose que je trouve particulièrement frappante, c’est la différence de traitement entre le FN et le PS sur cette question.
Tous les médias s’accordent à dire que le PS est un « parti de gouvernement ». Pourtant, les propositions économiques aberrantes sont au moins aussi fréquentes dans le programme socialiste récemment dévoilé que dans le programme du FN.

Je vous propose de survoler les 30 propositions du programme socialiste et vous verrez que la notion de « parti de gouvernement » est parfaitement vide de sens – ou, du moins, qu’elle ne s’oppose nullement à incohérence et démagogie !

Je note d’abord la nouvelle mouture des emplois jeunes. L’expérience Jospin n’a pas suffi. Il faut créer 300 000 nouveaux « emplois aidés ». À première vue, ce pourrait être des emplois privés. Mais le plus vraisemblable est que, comme avec Jospin, ces emplois jeunes deviennent 300 000 fonctionnaires de plus… dont le moins que l’on puisse dire est que l’État français n’a pas vraiment besoin !

Je note aussi la proposition de création d’une banque publique d’investissement. Il est vrai que la France connaît un gros problème d’investissement dans les PME. Mais à qui fera-t-on croire qu’une banque publique ferait mieux que les banques actuelles ? De deux choses l’une : soit elle sera correctement gérée et a toutes chances d’être aussi frileuse que ses homologues privées ; soit elle prêtera réellement aux PME, mais, selon toute vraisemblance, elle financera beaucoup de canards boiteux sans avenir.

Quant à la proposition d’alléger l’impôt sur les sociétés pour les entreprises qui investissent, elle a toutes les apparences de la fausse bonne idée. Évidemment, je suis très favorable à cet allégement de l’IS. Mais ignore-t-on au PS que beaucoup de chefs d’entreprise se rémunèrent en dividendes ? Ils prennent des risques ; ils créent des emplois ; ils ne se paient qu’après leurs salariés ; et il faudrait en plus les pénaliser ? Continuez comme ça, Messieurs du PS, et il ne restera plus une société à taxer en France ! Ignorez-vous qu’à deux heures de Paris, il existe des cieux plus cléments fiscalement ?…

Le PS propose d’augmenter les droits de douane aux frontières de l’Europe pour les pays ne respectant pas les normes européennes en matière sociale, sanitaire ou environnementale. On serait déjà curieux de savoir quelles sont ces normes. Il n’est pas franchement évident que tous les pays de l’UE ont les mêmes (sauf erreur de ma part, c’est en Europe qu’a eu lieu l’épidémie de la vache folle…). Mais le pire est ailleurs : depuis 2007, chaque fois que le sujet de la TVA sociale revient sur le tapis, les hiérarques socialistes poussent des cris d’orfraie. Or, la TVA sociale présente par rapport à leurs droits de douane « différenciés » trois avantages majeurs : elle est facile à mettre en œuvre ; elle n’est pas arbitraire ; elle ne remet pas en cause les accords commerciaux internationaux.

Le PS s’aperçoit enfin que nous vivons dans un monde où les échanges sont mondiaux (jusqu’à l’aberration, puis­que nous perdons progressivement notre autonomie alimentaire, pour ne rien dire de notre savoir-faire industriel…). Il s’aperçoit enfin que la concurrence est faussée avec des pays qui ne respectent aucune de nos normes. Mais sa réponse à cette situation semble étonnamment faible pour un « parti de gouvernement » !
On trouve encore dans ce programme économique surréaliste une proposition sur la pénalisation des « licenciements boursiers ». Sans, naturellement, que les socialistes distinguent – et comment le faire de façon générale ? – entre les licenciements pratiqués par une entreprise bénéficiaire qui anticipe une restructuration avant qu’il ne soit trop tard (et qui licencie donc aujourd’hui pour préserver l’emploi dans le futur) et les licenciements dictés par une logique financière court-termiste.

Bref, des propositions économiques du PS, pas une ne passe l’analyse (pas même celle sur la réduction de la dette publique, puisque chacun sait qu’avec un tel programme, le PS ne dégagera aucune marge de manœuvre financière pour permettre à l’État de rembourser sa dette). Voilà ce qu’on appelle dans la grosse presse un « parti de gouvernement ». On voit mal ce qui le distingue d’un parti de démagogues !

15 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site