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Le PS rejoue le 21 avril sans le comprendre!


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Dumait Alain - dimanche 01 mai 2005


Chacun voit bien que la droite française est dans un état catastrophique. Alors qu’on nous annonçait naguère un trop-plein de candidats pour les prochaines présidentielles, il est frappant qu’à mesure que l’échéance d’un changement de locataire pour l’hôtel Matignon se rapproche, on évoque les candidatures les plus baroques.

Le mépris de Dominique de Villepin pour le monde parlementaire – et sans doute aussi la crainte du chef de l’État de n’être plus le seul représentant de la France sur la scène internationale – semble avoir eu momentanément raison du meilleur candidat désigné par Jean-Pierre Raffarin à sa succession. On n’ose imaginer que l’hypothèse Borloo a été sérieusement évoquée. Mais, depuis que les couloirs de nos assemblées, ne bruissent plus que de la candidature de Thierry Breton pour le poste, on se dit que tout est possible…

Mais, à trop regarder les défauts criants de la droite, on en oublierait presque le contexte politique. Or, la réalité, c’est que « c’est pire en face »!

Le Parti socialiste n’a même pas réussi à fêter son centenaire calmement. Désormais, que le oui ou le non l’emporte, une rupture idéologique aura eu lieu: certains préfèrent poursuivre la stratégie de la social-démocratie amorcée par Mitterrand, d’autres envisagent une stratégie « d’extrême gauche plurielle ». Il serait bien évidemment difficile de deviner laquelle des deux lignes convaincra les adhérents, mais le PS, mal en point depuis 2002, ne semble pas réellement remis.

La défaite écrasante de la droite aux régionales de 2004 ne fut pas une victoire socialiste, on l’a trop vite oublié. Les socialistes ont remporté la plupart des collectivités locales par défaut et non par adhésion. Ils peuvent certes emporter à nouveau les élections en 2007, mais ce sera à nouveau par défaut, en l’absence d’une ligne à la fois idéologiquement claire et unificatrice.

L’intervention tonitruante de Lionel Jospin dans le débat européen, bien loin de convaincre les Français de l’admirable « sens des responsabilités » des dirigeants socialistes, paraît plutôt les conforter dans le sentiment diffus que le PS n’a nullement tiré les leçons du 21 avril, comme il le claironne à qui mieux mieux. S’il doit faire appel à l’un de ses dirigeants les plus disqualifiés pour parler au peuple, c’est que le PS se porte mal. Mais, à vrai dire, c’est toute la classe politique qui se porte mal, faute de comprendre le malaise des électeurs, comme Jacques Chirac l’a pathétiquement démontré lors de son récent passage sur TF1…


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