Rouxel Jean - mercredi 04 octobre 2006
François Hollande – et non pas Lionel Jospin – était le candidat naturel et légitime à la candidature de son propre parti pour la prochaine élection présidentielle (notre édito du 1er et notre chronique du 29 septembre). Et même Ségolène Royal, sa compagne (ou ex-compagne) lui aurait sans doute passé le relais si, justement, il n’y avait pas entre eux cette intimité secrète qui a empêché le premier de faire preuve d’autorité à l’égard de la seconde. Elle lui aurait dit, il y a déjà plusieurs mois : « François, si tu prends parti pour Lionel, tu ne reverras plus jamais tes enfants »…
Avec le débat interne au PS, c’est la campagne nationale qui est maintenant lancée. Et force est de constater qu’une fois de plus, les socialistes mènent le jeu.
Au plan de la vie politique, le PS donne l’exemple d’un parti fort de 200 000 adhérents, largement renouvelé depuis deux ans, bien organisé, et fonctionnant selon des règles précises et admises par tous les responsables. Les débats sont publics et aussi démocratiques que possible. On l’a vu à l’occasion du référendum sur la Constitution européenne. On le voit à nouveau avec le processus de sélection du candidat socialiste à l’élection présidentielle. Même les adversaires du PS peuvent tirer leur chapeau ! Au plan médiatique, une fois de plus, la domination socialiste s’étale, sans vergogne, dans la quasi-totalité des médias. Aucune chaîne de télévision n’échappe à cette mainmise, à la fois culturelle et politique. Si bien que personne ou presque, – à l’exception de quelques lecteurs des « 4 Vérités » – ne semble s’être offusqué de voir les hiérarques du PS décider eux-mêmes de la retransmission TV de leurs débats internes.
On le sait, depuis plusieurs mois, c’est « Solennelle » Royal qui enflamme les médias. Sans doute, plus de 80 % des journalistes seraient prêts, aujourd’hui, à voter pour elle. Dans ces conditions, on voit mal l’un ou l’autre de ses compétiteurs du parti lui résister… Quant à l’élection proprement dite – premier tour le 22 avril 2007 – beaucoup de rebondissements sont possibles, mais force est de constater que la gazelle du Poitou-Charentes a, pour l’instant, plusieurs longueurs d’avance. Ces campagnes présidentielles ont du bon. N’est-ce pas délicieux d’entendre Mme Royal exalter la Nation française et promettre le rétablissement de l’ordre républicain ? N’est-il pas savoureux que M. Strauss-Kahn admette, lui aussi, qu’il faudra bien, un jour, réformer les régimes spéciaux de retraite des salariés du secteur public ?
43 commentaires - Ecrire un commentaire
|