Rouxel Jean - mercredi 03 décembre 2008
parti-socialiste
Le PS a enfin un Premier secrétaire, en la personne de Martine Aubry. Pour le moment, il semble que Ségolène Royal accepte sa défaite. Cette défaite est d’ailleurs un peu plus large que ce qui avait été initialement annoncé : 102 voix d’écart, mais le chiffre reste extraordinairement faible si on le compare aux près de 135 000 suffrages exprimés.
À côté de Ségolène Royal, bon nombre de ses lieutenants, en particulier le talentueux maire d’Évry, Manuel Valls, parlent de porter l’affaire en justice. Il est probable que la menace soit essentiellement un instrument de négociation avec le maire de Lille et l’équipe vainqueur pour emporter le maximum de sièges dans les futures instances dirigeantes.
En toute hypothèse, une action en justice n’irait pas bien loin : les fraudes semblent avoir été assez bien partagées entre les deux rivales !
Nous pouvons donc raisonnablement penser que le PS va échapper à l’explosion et que les blessures vont se panser en attendant la désignation du futur candidat socialiste à l’élection présidentielle de 2012. Et, là, Martine Aubry a du souci à se faire : plusieurs de ses soutiens ne comptent pas la soutenir à cette occasion, qu’il s’agisse des fabiusiens ou des delanoistes…
Mais, d’ici 2012, comment va évoluer le PS ? Le premier élément concerne toujours la ligne « à gauche toute », dont je crains qu’elle ne soit encore plus suivie par Aubry qu’elle ne l’aurait été par Royal. En particulier, l’hypothèse d’un nouveau « programme commun » entre un PS d’opposition nettement anti-économie de marché et Besancenot n’est nullement impossible. Il est peu probable qu’il voie le jour en seulement trois ans, mais, dès 2012, nous pourrions assister à une forte convergence entre les deux gauches.
Quant au deuxième élément, il nous a été donné dimanche 30 novembre, dans l’indifférence générale des médias. Contrairement à ce que tout le monde disait (sauf les « 4 Vérités » naturellement !), les déchirures au sein du PS n’entravent pas nécessairement sa puissance de feu électoral, ni surtout le désir d’alternance. Nous venons de le voir avec la législative partielle dans la 8e circonscription de la Gironde. Alors que cette circonscription est nettement à droite, la partielle (occasionnée par le départ de Marie-Hélène des Esgaulx au sénat) a été largement remportée par le socialiste (plus de 54 % des voix).
Souhaitons que cela réveille un peu la droite qui se réjouissait sereinement des problèmes du PS !
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