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Le Sénat : une assemblée qui tombe de haut |
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Nofri Gaël - mercredi 28 septembre 2011
2012
Le Sénat passe à gauche. Une première dans l’histoire de la Ve République ! Certes, ce n’est pas la première fois que la Haute Assemblée s’inscrit dans l’opposition au pouvoir en place : ne l’a-t-elle pas été durant toute la présidence de De Gaulle, puis sous les septennats de François Mitterrand. Mais, tout de même, l’événement est de taille…
D’une part, il signifie le rejet profond d’une droite qui semble avoir abandonné ses valeurs, avoir troqué la défense de la ruralité contre le tout-capitalisme, de l’agriculture contre le libre-échangisme, de la protection des citoyens contre les dogmes européens et mondialistes…
Un nouveau vote sanction est intervenu. Les hommes du pouvoir, ceux qui se réclament de la majorité, ont été sanctionnés. Les élus locaux, que les caciques ont longtemps considérés comme des béni-oui-oui, ont prouvé qu’ils étaient conscients des erreurs, des errances, des fautes de nos gouvernants.
La France rurale n’est pas socialiste, mais elle ne veut pas de cette droite mondialiste, ultra-libérale, favorable à l’immigration et complice de l’effacement de l’État.
Cette droite, que l’on propose aujourd’hui aux Français sous le sigle UMP, et qui a perdu toutes les élections locales, ne répond plus à l’aspiration de la « France profonde » – la France que le Sénat a, précisément, pour mission d’incarner.
Est-ce à dire qu’il s’agit d’une victoire pour la gauche ? Rien n’est moins sûr, en réalité. Certes, celle-ci remporte l’élection grâce à un mode de scrutin clanique et élitiste qui consacre ses victoires aux élections locales passées, mais est-ce suffisant pour incarner un espoir ? Évidemment non. Nul ne doute que les socialistes, en accord sur l’essentiel avec ceux auxquels ils sont censés s’opposer, n’incarnent ni changement, ni alternative, ni relève.
Dette, démantèlement des frontières, affaiblissement de l’État, établissement de l’Euro… la gauche a toujours été la complice, sinon l’instigatrice, des politiques néfastes qui ont mené la France au bord du gouffre. Comment pourrait-elle se servir de ces nouveaux pouvoirs pour autre chose qu’une obstruction politicienne ?
Face à un système que l’on voudrait leur présenter comme binaire et fermé, les Français vont de déception en déception, de vote sanction en vote sanction. Dans ce cadre, le vote sanction que sont devenues les élections locales, depuis plusieurs années, se retrouve dans le scrutin sénatorial.
Dès lors, voici que le Sénat, assemblée contestée et contestable, censée représenter une France profonde, moins politisée, plus réfléchie, et plus responsable, se transforme en une chambre de la contestation politique et en un outil d’entrave au politique et à la politique.
Or, l’on ne construit rien sur cela. Ainsi, continue-t-on, après le quinquennat et la cohabitation notamment, à corrompre les institutions.
Face à un Président de la République qui n’est plus, ni garant de l’indépendance de la France, ni arbitre au-dessus des partis ;
Face à une représentation nationale qui ne représente plus la Nation et qui se voit déposséder de son pouvoir législatif au profit de Bruxelles ;
Face à un Sénat qui se trouve de plus en plus illégitime, et, dorénavant, de moins en moins apte à remplir la mission qui lui était jusqu’alors dévolue ;
Face à ce naufrage des institutions, qui ne fait finalement que traduire le naufrage de la Nation française ;
Il faut que 2012 soit l’occasion d’un changement, l’occasion d’un espoir retrouvé.
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Printemps «Les révolutions arabes ont montré qu’il existait une troisième voie entre la dictature et l’islamisme.» François-B. Huygues, essayiste |
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