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Le Smic à 1 500 euros augmentera le chômage


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Trémeau Bernard - mercredi 21 février 2007

economie, elections-presidentielles
De nombreux candidats, suivant en cela l’opinion publique française, proposent de porter rapidement le Smic à 1 500 euros. Une telle augmentation du Smic introduirait en effet, selon eux, bien plus de « justice sociale » dans notre pays. La réalité économique est différente.
Trois études statistiques récentes ont été réalisées en France cherchant une corrélation entre une augmentation du Smic et le chômage : une étude réalisée par le MEDEF plutôt à droite, une par l’INSEE plutôt à gauche et une troisième toute récente par le gouvernement. Les trois études montrent sans aucune divergence qu’une augmentation du Smic s’accompagne toujours d’une augmentation du chômage. Il y a par contre divergence sur le nombre de chômeurs induits. Une augmentation de 1 % donnerait entre 20 000 et 40 000 chômeurs supplémentaires. Cette augmentation du chômage induite par une augmentation du Smic ne semble absolument pas être prise en compte par nos candidats à la présidentielle…

L’augmentation du Smic est une augmentation obligatoire des bas salaires. Elle a donc les avantages et les inconvénients d’une augmentation des salaires. Elle augmente le pouvoir d’achat de ceux qui en bénéficient, c’est évident et 20 % des actifs français sont actuellement au Smic. Mais l’inflation qu’elle induit immédiatement par augmentation de la demande et augmentation des prix de revient réduit rapidement le pouvoir d’achat de tout le pays. Elle est encore inflationniste dans un deuxième temps, en privant les entreprises des capitaux dont elles ont besoin pour investir. Sans investissements, pas d’augmentation de la productivité, pas d’augmentation du pouvoir d’achat. Dans un marché ouvert, elle rend les entreprises nationales moins compétitives. Elle augmente le déficit de la balance commerciale et chasse l’activité économique du pays. L’augmentation du Smic effectue un transfert de pouvoir d’achat de l’ensemble des Français vers les « smicards ». Elle n’augmente pas le pouvoir d’achat global du pays, donc ne relance pas l’économie. Elle maintient enfin le pays dans la pauvreté.

Mais une augmentation du Smic a, en plus des inconvénients déclenchés par toute augmentation de salaires, ses inconvénients propres. Le Smic français est en effet très élevé. Il a atteint un tel niveau que bien des responsables d’entreprise hésitent à embaucher un salarié au Smic. Ils ont en effet peur que celui qu’ils embauchent coûte plus cher qu’il ne rapporte. D’autant plus que le Smic est maintenant associé en France à la loi sur les 35 heures. Le Smic doit être versé à celui qui ne travaille que 35 heures payées comme 39. Or, c’est évident, un patron n’embauche pas un salarié qui lui coûterait plus qu’il ne lui rapporterait. À moins que ce patron s’appelle l’État et que l’augmentation du Smic soit financée par une augmentation des impôts ou du déficit.

Cette mise hors embauche du fait du Smic semble toucher tout particulièrement les jeunes et les moins jeunes. Tandis que le chiffre moyen « officiel » des chômeurs en France est voisin de 9 %, la proportion des chômeurs chez les jeunes augmente et atteint 23 %. Un patron hésite à embaucher un jeune qui n’a aucune expérience. Même quand il a atteint un niveau d’étude supérieur au bac. L’entreprise risque en effet de perdre de l’argent en l’embauchant et d’en perdre à nouveau quand il faudra le licencier. Dans une grosse entreprise, un salarié qui ne satisfait pas la direction ne pose pas de gros problèmes. Dans une PME, il peut mettre en danger l’entreprise elle-même.

Pour les salariés en fin de carrière apparaît un autre problème. Tous ceux dont le salaire a progressé du fait d’une progression du service rendu n’ont pas de problèmes. L’entreprise est heureuse de les conserver et de profiter de leur expérience. Mais pour tous ceux dont le salaire a progressé « à l’ancienneté », il arrive un moment où ils coûtent plus cher qu’ils ne rapportent. L’entreprise ne peut plus les conserver sans perdre de l’argent. Elle les licencie, d’autant plus facilement qu’ils profiteront de la retraite anticipée.
En voulant corriger une « injustice sociale », on en crée une nouvelle bien plus douloureuse, l’exclusion…

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En bref
Détresse
48 policiers français se sont donné la mort en 2006, 13 de plus qu’en 2005. Le nombre des consultations au Service de soutien psychologique opérationnel (SSPO), créé en 1996 pour aider psychologiquement les policiers, est passé de 11 000 à 13 000 l’an dernier (+ 21 %).

Chiffres Significatifs
École > Selon une enquête auprès de 868 directeurs d’école maternelle ou primaire, 41 % d’entre eux estiment que le climat s’est dégradé dans leur établissement au cours des dernières années.

Terrorisme > Le juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière place la menace terroriste en France au niveau 4 sur une échelle de 5 : le risque d’attentat est très élevé.

Impôt > L’impôt sur les sociétés est à 35,4 % en France, 26,4 % en Allemagne et 12,5 % en Irlande.

Allemagne > En 2006, les ventes de produits « made in Germany » ont progressé de 13,7 %. Quand la France - qui a enregistré un déficit record de son commerce extérieur - vend sur les marchés extérieurs pour 1 milliard d’euros, l’Allemagne écoule pour près de 2,3 milliards. 4 % des PME françaises exportent, contre 11 % des allemandes.

Record > En 2006, Dassault Aviation a vendu 158 avions d’affaires Falcon - 62 % de son chiffre d’affaires - : un nouveau record historique pour la firme, qui améliore de 28 % son score de 2005.

Écologie > Le milliardaire britannique Richard Branson, propriétaire de six compagnies aériennes, a créé un prix de 19 millions d’euros pour récompenser les initiatives en faveur de la réduction des gaz à effet de serre.




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