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Le TGV à vapeur est en panne !


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Milliere Guy - samedi 24 janvier 2004


J’ai reçu il y a quelques temps un petit livre. Son auteur a préféré rester anonyme et signer d’un nom voltairien : Zadig. Le titre interpelle le regard : « Le TGV à vapeur ». Si l’on cherche l’éditeur, l’on trouve l’inscription : Vox Populi. Et si l’on va plus avant, l’on trouve l’explication : l’auteur ne veut pas avancer à visage découvert et voir désamorcer ou détourner le débat qu’ il cherche à lancer concernant la politique du gouvernement Raffarin.

L’auteur est clairement un homme de droite. Ce qu’il reproche au gouvernement Raffarin est ce que je n’ai cessé, dans ces colonnes ou ailleurs de lui reprocher : l’immobilisme, la pusillanimité. Une tendance certaine à confondre communication et jeux de mots pour agence de publicité avec l’action et l’efficacité. Une propension à se situer sans cesse sous l’ombre portée d’une gauche pourtant à bout de souffle et à court d’idées : « la vérité, c’est qu’en France, le gouvernement de droite demeure sous l’influence d’une gauche totalement archaïque ». Il recourt même à des formules assassines que je ne saurais désapprouver et que je n’ai pu, en les lisant, juger autrement que fort bienvenues : « le mépris n’est plus technocratique, il est marketing », « Chirac joue à contre-emploi, il aurait dû présenter le 20 heures à la télé ». Il dénonce une vaine gesticulation qui ne saurait se substituer aux mesures nécessaires pour sortir le pays de l’enlisement. Il rappelle, à juste titre, qu’il est très tard pour faire naître un sursaut, et souligne les « effets dévastateurs » d’un endettement et de « déficits désormais colossaux ». Il met enfin l’accent sur la falsification constante de l’information et la manipulation médiatique : « il n’y a qu’une opinion politiquement conforme. Les autres sont jugées marginales ou irresponsables ».

Ce qu’il propose face à tout cela ? « Une vraie rénovation de la droite » et une droite qui ose assumer ces valeurs. Sur ce point, même si certaines choses très justes sont dites, concernant le conflit entre les principes occidentaux et les principes de l’islam par exemple, le projet me semble un peu court. D’autant plus court que l’auteur place parmi les « points forts » de l’actuel gouvernement une politique étrangère qui, en pratique, rapproche la France des satrapies du tiers-monde, mais l’éloigne gravement non seulement des États-Unis, mais de la plupart des pays européens, et qui commence à coûter très cher économiquement. D’autant plus court aussi que l’auteur propose comme une issue la construction d’une Europe qui ne serait ni l’Europe fédérale voulue par l’Allemagne (et qui, note l’auteur à juste titre, ne peut mener que vers « des contraintes nouvelles » et « des rigidités supplémentaires »), ni l’Europe libérale, « fondée sur la concurrence, la dynamique du grand marché et la mondialisation », mais « une entité indépendante capable d’offrir au monde d’autres perspectives que celles de l’hégémonie américaine ».

C’est en bonne partie à cause du rêve très français et plutôt gaulliste de construire une Europe puissance rivale des États-Unis que nous sommes dans le pétrin dans lequel nous sommes, islamisation de la France comprise. C’est à cause d’un autre rêve très français, celui de trouver une alternative à la mondialisation et au libéralisme, que la France a connu le déclin économique dans lequel elle est aujourd’hui prostrée sans vraiment comprendre pourquoi. Je ne puis accorder ma confiance à quelqu’un qui, en politique étrangère, continue à se tromper de combat et qui, de surcroit, ne semble pas comprendre exactement pourquoi en un quart de siècle la France est passée, en termes de PIB par tête, de deuxième sur quinze par rapport aux autres pays constituant l’actuelle Union Européenne, à douzième sur quinze.

Je dirais à Zadig : encore un effort pour comprendre le monde ! Et vous pourrez peut-être me convaincre... Pour le moment la France est le pays malade du monde occidental. Vous voyez la maladie, mais les remèdes que vous proposez sont ceux qui ont précisément créé la maladie !

S’il n’y a d’autre espoir de rénovation que ceux proposés dans ce livre, je crains fort que la France ne continue à glisser vers l’ornière et l’islam. Nous sommes le seul pays où toute la classe politique et toute la classe médiatique, à de très rares exceptions près, sont anti-américaines et anti-libérales.

* Cet ouvrage peut être commandé par correspondance à l’adresse suivante : Le Monde des Arts - 114, Rue des Pyrénées 75020 Paris - Tél : 01 49 12 90 31 ou par Internet :

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< www.lemondedesarts.com/EditVoxPopuli1.htm >


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Irlande

« Nous avons doublé notre Produit intérieur brut en dix ans parce que nous étions dans l’Europe » (Bertie Ahern, Premier ministre irlandais, actuel président du Conseil européen).

Sic

Islamisme « La béatitude des évêques de France vis-à-vis du fondamentaliste musulman relève d’un aveuglement coupable » (Jacques Myard, député UMP des Yvelines).

UMP

« L’UMP, c’est le cumul des défauts des familles d’origine : le caporalisme du RPR et l’individualisme de l’UDF » (François Bayrou).

Stratégie

« Aux élections régionales, mon but est d’empêcher la gauche de gagner. Aux élections européennes, mon but est d’empêcher l’Europe de Bruxelles de nous écraser » (Philippe de Villiers).

Un politicien

« Quand on fait de la politique, il faut être élu, sinon ça n’a pas de sens » (Alain Juppé).

Voile

« Je préfère le mot visible à ostensible » (Jean-Louis Debré, quatrième personnage de l’État…).

Communautarisme

« La plupart de nos concitoyens découvrent que, depuis quinze ans, les ministres n’ont pas cessé de leur cacher l’étendue de la déviation communautaire » (Élisabeth de Fontenay).

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