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Le bourbier afghan


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Lance Pierre - mercredi 03 septembre 2008

afghanistan, etats-unis, armee
Lorsque les Américains furent piégés en Irak, il me revint à l’esprit ce refrain bien de chez nous : « Ah, il fallait pas, il fallait pas qu’ils z’y aillent ! Ah, il fallait pas, il fallait pas y aller ! » Et il convient très bien aussi à notre présence en Afghanistan.

Je me demande combien de temps mettront les Occidentaux à comprendre qu’une intervention militaire en pays étranger ne peut avoir de chance de succès que si elle est précisément ciblée, foudroyante, rapide et éphémère, c’est-à-dire à durée déterminée. Mais toute armée qui s’éternise dans un pays dont elle ignore à peu près tout est inexorablement vouée à l’échec.

Les expéditions coloniales de jadis n’ont pu réussir que parce que leur supériorité technique sur les peuples conquis était écrasante et que ceux-ci en étaient comme subjugués. Mais ces temps sont révolus. Les révoltés potentiels ont désormais accès aux armements les plus sophistiqués et les armées occidentales ne les intimident plus d’aucune manière. Dominique de Villepin déclarait dernièrement au Télématin de France 2 qu’une intervention militaire devait prévoir dès le départ un calendrier de retrait. Dommage que l’idée ne lui en soit pas venue lorsqu’il était Premier ministre.

« Ceux qui ne comprennent pas le passé sont condamnés à le revivre » disait Goethe fort justement. À la fin du XIXe siècle, les Anglais ont subi en Afghanistan les plus cuisantes défaites de leur Histoire. À la fin du XXe siècle, les Soviétiques y ont connu un cuisant échec. Et voilà qu’au début du XXIe siècle, les Américains, toujours présomptueux et farauds, s’y précipitent à leur tour, nous entraînant dans leur sillage, afin de traquer Ben Laden et d’anéantir les Talibans, ce qui revenait à jouer « Mission impossible » dans les montagnes afghanes proches de la frontière-passoire du Pakistan.

Et maintenant nous voilà embourbés dans une nouvelle ornière, parce que nos dirigeants sont incapables de tirer les leçons du passé. Ainsi voyons-nous se reproduire le sempiternel cercle vicieux de toute intervention militaire à durée indéterminée plongée dans une population civile au sein de laquelle les ennemis deviennent invisibles.
 
L’ornière

Même si ladite population n’est pas hostile au départ, elle le devient inexorablement, parce que les bavures sont inévitables, surtout avec des bombardiers. Les dommages collatéraux se multiplient, les haines s’allument contre les étrangers bientôt considérés comme des occupants indésirables et la situation ne cesse de se dégrader. Mais comme l’armée étrangère ne peut plus se retirer sans perdre la face et paraître vaincue, elle reste, elle demande des renforts et tout le monde est dans le pétrin pour un paquet d’années.

D’autre part, dix militaires français tués dans une embuscade, c’est, je suis obligé de le dire, un incident d’une parfaite banalité dans une guerre de ce type. Et même si cela reste évidemment une tragédie pour les familles des victimes, cela ne vaut que 30 lignes en page 2.

Au lieu de cela, nous avons assisté durant une semaine à un stupéfiant carrousel médiatique, star élyséenne en tête, avec discours solennels, cérémonies grandioses et trémolos télévisés. Si l’on avait voulu persuader les Talibans qu’ils venaient de mettre à genoux une grande nation occidentale, on n’aurait pas agi autrement. Le général Puga a heureusement pris soin de rappeler que l’opération avait été un succès pour nos armes et que l’ennemi avait perdu beaucoup plus d’hommes que nous. C’est tout juste si on ne l’a pas conspué pour avoir osé dire la vérité.

Cette émotion collective disproportionnée offre cependant un aspect positif : la vie d’un homme a désormais en Occident plus de valeur que partout ailleurs. On n’imagine plus aujourd’hui des généraux français, allemands, anglais ou américains envoyer des milliers de soldats à une mort quasi certaine comme ce fut le cas dans les tranchées de Verdun en 14-18. Et, si la mort de nos dix soldats reste navrante, on doit noter qu’ils n’étaient pas des appelés, comme ce fut le cas en Algérie, mais des professionnels qui connaissaient les risques de leur métier.


Comme devaient connaître les risques de la montagne les 100 alpinistes et randonneurs volontaires morts dans les Alpes au cours du seul été 2008. Cela dit pour relativiser.

Le général Puga sur France 2

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 Le budget 2009 d’Arte sera de 233 millions d’euros, soit 11 millions de plus que l’année précédente…

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France TV > En 2008, du fait notamment de la suppression de la publicité, France Télévisions anticipe un déficit de 100 millions d’euros. Pour y répondre, le groupe a d’ores et déjà annoncé 50 millions d’économies, dont 30 millions proviennent du coût de la grille des programmes…

Écoute > La durée moyenne d’écoute de la télévision par les Français diminue : elle a été de 3 h 27 par jour au premier semestre de 2008, contre 3 h 32 pour la même période en 2007. Ce sont les jeunes de 15 à 24 ans qui abandonnent le plus ce média : la chute de leur temps d’écoute atteint 21 % (le plus souvent, ce média est remplacé par internet ou par la vidéo à la demande)…

France Inter > La tranche matinale de France Inter est écoutée en moyenne par 3,5 millions de personnes.

Internet > La part d’internet dans le temps que les Français consacrent aux médias ne cesse d’augmenter : elle était de 23,8 % en 2007, alors qu’elle n’était que de 19,4 % en 2006…

Lagardère > Le groupe français de médias a dégagé 572 millions d’euros de bénéfice net au premier semestre (en hausse de 14,6 %) pour un chiffre d’affaires de 3,8 milliards d’euros (en baisse de 3,8 %).

Endemol > John de Mol, « pape » de la téléréalité, qui avait vendu sa société Endemol à l’entreprise de télécommunications Telefonica, pour 5 milliards d’euros en 2002, l’a racheté en 2007 pour… 3 milliards d’euros !




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