|
|
Le cauchemar Européen |
|
Milliere Guy - mercredi 21 décembre 2011
euro, banque-centrale, bce
L’Union européenne n’est pas morte. Elle survivra sans doute quelques années. Elle a été structurée pour durer, même si tout ce qui constitue les peuples, les cultures, les économies, les démocraties européennes, s’effondre au fil du temps.
C’est une structure technocratique absolutiste et constructiviste, faite pour aller de l’avant, quoi qu’il se passe.
L’ancien dissident Vladimir Boukovsky l’a comparée à l’Union soviétique et il y a effectivement des ressemblances.
La façon dont les dirigeants de l’UE se sont activés pour sauver les apparences au sommet sur le climat de Durban a été, sur ce plan, significative. Bien que le dogme du « réchauffement climatique dû aux activités humaines » soit une imposture, ils ont tout fait pour qu’un accord qui n’en est pas un (puisqu’il consiste à s’accorder pour dire qu’on passera un accord dans quelques années, sauf si on change d’avis d’ici là) soit signé. Ce n’est que du vent. Mais c’est du vent qui conforte les gens de Bruxelles dans leur sentiment d’avoir les idées justes.
La façon dont un énième accord de la « dernière chance » a été conclu voici dix jours sous l’égide de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel est plus significative encore. L’accord durera jusqu’à un prochain accord qui, dans quelques semaines, sera lui-même celui de « l’ultime chance », sans doute.
Ce qui est au cœur de l’accord conclu ne permettra pas de remédier à l’effondrement qui se dessine. L’euro reste une monnaie unique pour des économies et des sociétés qui n’ont pas les mêmes spécificités.
Ni la Grèce, ni l’Italie, ni l’Espagne ni le Portugal ne peuvent retrouver une compétitivité au taux actuel de l’euro. Ces divers pays sont condamnés à la stagnation ou à la récession permanentes. Leur demander un équilibre budgétaire dans le cadre existant équivaut à exiger d’eux une baisse incessante du niveau de vie, un chômage durablement élevé, et une paupérisation croissante.
Dès lors que leurs populations pourraient faire d’autres choix, on leur impose une forme de diktat. La Grèce et l’Italie sont des pays gouvernés aujourd’hui par des technocrates nommés d’en haut. Mais ce sont toutes les populations qui passent sous le joug d’une forme de dictature, puisque tous les pays de l’Union devront désormais voir leur budget ratifié par les instances technocratiques supérieures. L’Allemagne est censée dominer l’ensemble, mais elle est elle-même très endettée, et prise dans un engrenage dont elle ne peut sortir que dans le chaos. La France tente de rester à proximité de l’Allemagne, ce qui lui évite, pour l’heure, d’être en chute libre.
Le Fonds de stabilisation prévu pour éviter la banqueroute est, d’ores et déjà, insuffisant, et l’argent qui sera versé aux pays les plus endettés ne sera jamais remboursé.
La France et l’Allemagne devraient, dans le cadre du Fonds, s’endetter davantage pour que des pays plus endettés encore reçoivent de l’argent et s’endettent eux-mêmes davantage. Cela s’appelle de la cavalerie financière.
La Banque centrale européenne va transférer des fonds au FMI, qui l’avancera au Fonds de soutien – ce qui conduira à dire que la BCE ne monétise plus la dette, mais c’est un pitoyable subterfuge qui ne trompe personne.
Si on ajoute au tableau que de nombreuses banques européennes détiennent des titres de dette qui ne valent pas même le papier sur lequel on les imprime, on voit que la situation est désespérée. Nicolas Sarkozy espère que le bricolage tiendra jusqu’à l’élection présidentielle. On peut en douter.
Rien d’étonnant à ce que les agences de notation considèrent que les pays de l’Union et l’Union elle-même représentent des risques de plus en plus grands. Rien d’étonnant non plus à ce que les dirigeants de l’Union fustigent les agences de notation.
Le Royaume-Uni a pris ses distances. C’est logique. Seuls ceux qui ne comprennent pas ce qui se passe peuvent vouloir rester dans un édifice aussi délabré.
Ce n’est pas le Royaume-Uni qui s’isole de l’Union. C’est l’Union qui s’isole un peu plus de la logique économique la plus élémentaire.
La crise de l’euro était très prévisible. Elle n’est qu’un symptôme d’un cataclysme européen plus vaste et lui-même très prévisible. Cela ressemble-t-il à un cauchemar ? La réponse est : oui.
11 commentaires - Ecrire un commentaire
|
Armée
À la suite d’un problème informatique, 1 387 militaires, soit 1 % des effectifs totaux de l’armée de Terre, selon le ministère de la Défense (mais dix fois plus selon l’Association de défense des droits des militaires), ne touchent plus leur solde depuis plusieurs mois.
Chiffres significatifs
Retraite > En 2005, la moitié des seniors actifs souhaitait partir en retraite avant 60 ans. Ils ne sont plus qu’un quart à le souhaiter en 2011.
Justice > 1,6 million de personnes ont déjà signé le « Pacte 2012 » pour la justice publié par nos amis de l’Institut pour la Justice. Ce pacte prévoit notamment le renforcement des droits des victimes.
Gender > La Ligue de l’enseignement a offert (avec nos impôts, rassurez-vous !) 30 000 livrets aux élèves de 1 400 classes de CP et CE1 de Paris pour « casser les stéréotypes sexistes ». Nos enfants ne sauront bientôt plus lire, ni écrire, mais ils sauront que les garçons peuvent aussi porter des jupes et les filles utiliser une perceuse – savoir évidemment plus utile que la lecture dans la France contemporaine !
Climat > On ne sait plus à quel saint (de glace) se vouer. Alors que l’on croyait à une catastrophique climatique imminente, liée au réchauffement de l’atmosphère sous les effets du CO2 produit par l’homme, voilà que les écologistes nous signalent une catastrophe contradictoire. La Russie devrait prochainement envoyer un brise-glace en mer de Béring pour libérer 100 baleines blanches bélugas prisonnières de la banquise. Que faut-il craindre le plus : la fonte des glaces ou l’expansion de la banquise ? |
|
|
|