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Le clivage gauche-droite


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Rouxel Jean - dimanche 18 septembre 2005


L’ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, se verrait bien reproduire à son profit l’union des gauches réalisées naguère par François Mitterrand.
C’était la raison de sa présence à la “Fête de l’Huma”, ce week-end. L’accueil qu’il a reçu montre que cette union ne sera pas chose facile. D’autant moins qu’une autre partie du PS lorgne également sur l’alliance communiste pour rééditer la “gauche plurielle” de Jospin. Mais, jusqu’à l’entrée en campagne présidentielle au moins, le clivage entre la gauche de gouvernement et la gauche de contestation anti-libérale dominera tous les débats de ce côté de l’échiquier.
À tel point que certains commentateurs imaginent que le clivage dominant à la prochaine présidentielle sera le clivage des tenants du oui à la mondialisation et à l’Europe contre les tenants du non.
Cette analyse est, pour le moins, prématurée. D’abord, parce que nous sommes encore assez loin des désignations des candidats à la présidentielle et qu’il est donc encore temps de mener des débats idéologiques qui perdront sans doute en intensité à mesure que se rapprocheront les échéances. Chaque candidat sérieux aura alors à cœur de minimiser ses différences avec ses voisins pour pouvoir recueillir leurs voix, soit dès le premier tour, soit au moins pour le second…
Et, surtout, il est frappant de constater que le débat ouvert par le référendum fut beaucoup moins de l’ordre d’une opposition entre fédéralistes et souverainistes que de l’ordre du classique clivage gauche-droite.
Même les vélléités de recomposition d’un centre, qu’elles viennent de François Bayrou ou de l’aile social-démocrate du PS (Rocard ou Kouchner), ne parviennent pas à entamer ce clivage gauche-droite, puisqu’il s’agit seulement de savoir si l’on pourrait participer à une majorité de droite (pour Rocard) ou à une majorité de gauche (pour Bayrou)…
Pour le reste, la seule question est de savoir si les tenants du non de gauche soutiendront un candidat de gauche unie (dont ils savent bien que le gouvernement serait nécessairement proche de celui de la gauche plurielle qu’ils exècrent) ou si les tenants du non de droite soutiendront un candidat de droite unie.
Le plus vraisemblable à l’heure actuelle, et l’accueil musclé des communistes à Fabius le prouve, c’est qu’aux deux extrémités de l’échiquier politique, nous ayons des entités de contestation, rétives à se porter sur les candidats de gouvernement. Cela ne touche pas au clivage gauche-droite; cela le rend juste un peu plus aléatoire, comme en avril 2002… 

 


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