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Le coût de la médecine n’augmente pas


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Trémeau Bernard - mercredi 03 novembre 2010

medecine
Les médecins deviennent de plus en plus efficaces et, en France, la durée de vie augmente de trois mois tous les ans.

La France bat un record mondial dont on peut être fier : c’est le pays qui, dans le monde, compte le plus de centenaires pour mille habitants.
De très nombreux médias pensent donc que le coût de la médecine augmente de façon parallèle : les médicaments nouveaux coûtent de plus en plus cher et font faire de gros bénéfices aux laboratoires qui les produisent. Des opérations de plus en plus complexes comme la réfection d’un visage voient le jour. Des appareils médicaux de plus en plus performants et coûteux sont utilisés (lunettes, appareils dentaires, prothèses ou imagerie médicale)

Les personnes âgées coûtent cher. Elles sont, en effet, bien plus exposées que les jeunes à des maladies graves comme l’infarctus ou le cancer.

Les prix de journée d’une maison de retraite ou d’un hôpital coûtent de plus en plus cher avec les augmentations rapides du SMIC…
Toutes ces informations sont exactes. Mais elles ne représentent que l’aspect négatif du bilan.

La mise au point d’un nouveau médicament coûte actuellement plusieurs milliards d’euros. C’est évident. Mais, ensuite, sa fabrication est très peu coûteuse. Ce n’est que la production d’une molécule chimique particulière, comme une molécule de sucre. Avec la mondialisation de l’économie, le coût de la recherche n’est pas supporté par quelques dizaines de millions de consommateurs éventuels. Il est supporté par des milliards d’individus. Il peut donc s’amortir en quelques années. Le laboratoire peut donc diminuer ses prix de lancement.

Il y a 20 ans seulement, pour explorer ce qui se trouvait dans nos poumons, dans notre estomac, ou dans notre vessie, on ne disposait que d’engins peu performants et difficiles à manier, dont l’utilisation exigeait souvent une anesthésie générale. Maintenant, on vous fait pénétrer très facilement dans tous ces organes une toute petite caméra accrochée au bout d’un fil. Et cette caméra dépiste de toutes petites lésions.
Il y a 20 ans seulement, pour enlever un caillou situé dans la vésicule, il fallait hospitaliser pendant une dizaine de jours le malade, l’opérer sous anesthésie générale, lui faire une grande balafre. Ce qui exposait à de nombreuses complications. Au­jourd’hui, on fait cela au bout d’un petit tuyau sous anesthésie locale.

Que ce soit un microbe ou un cancer, nos laboratoires disposent aujourd’hui de moyens permettant de les identifier avec une précision de plus en plus grande. Et, ensuite, les médecins qui les soignent disposent de médicaments de plus en plus adaptés à chaque cas particulier. On ne fait plus une chimiothérapie globale détruisant les cellules cancéreuses, mais détruisant en même temps tout le système immunitaire et exposant ultérieurement à de graves infections. On fait une chimiothérapie « ciblée » ne détruisant que certaines cellules cancéreuses.

On réduit ainsi tellement le nombre des journées d’hospitalisation, que certains services de chirurgie sont obligés de fermer, faute de clients.

Pour finir, avec l’utilisation des cellules souches qui commence seulement à atteindre la France, on arrive à transformer le cœur d’un vieux qui marche mal par le cœur tout neuf d’un jeune de 20 ans.

Contrairement à ce que pensent de nombreux médias, les progrès de la médecine n’augmentent pas son coût. Ils vont même certainement le réduire !

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En bref
Blocages
On estime que les grèves et les blocages de ces dernières semaines ont déjà coûté plus de 4 milliards d’euros !

Chiffres significatifs
Soin > En moyenne, cha­que habitant du territoire français a dépensé 2 724 eu­ros en soins de santé au cours de l’année 2009.

Médecins > La France compte 48 000 médecins généralistes en exercice.

Cambriolage > En moyenne, le préjudice subi par les Français qui se font cambrioler est de l’ordre de 6 500 euros.

Partis > La France compte 296 partis politiques.

Population > On estime que la France comptera 73,6 millions d’habitants en 2060 et que les femmes y auront une espérance de vie de 91,1 ans et les hommes de 86 ans.

Croix-Rouge > En 2009, la Croix-Rouge française a annoncé un déficit de 843 000 euros, pour un total de recettes de 940,4 millions d’euros.

Associations > En moyenne, les associations françaises sont financées à 48,7 % par la vente de produits et de services ; à 34,3 % par l’État (subventions ou déductions fiscales), à 12 % par les cotisations d’adhérents et à 5 % par les dons, les legs et le mécénat. Lors du débat sur les « niches fiscales », beaucoup ont accusé les déductions fiscales de coûter cher à l’État. En réalité, elles devraient représenter en 2010 960 millions d’euros pour les particuliers et 340 millions pour les entreprises (1,3 milliard au total). Alors que la part de l’État dans le financement des associations (les 34,3 % évoqués plus haut) est estimée à quelque 20 milliards d’euros ! Et si on supprimait les subventions plutôt ?




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