Baudouin Pierre - jeudi 24 décembre 2009
identite-nationale
On savait depuis longtemps que la liberté d’expression n’avait plus cours en France. Des lois d’exception auxquelles sont notamment attachés les noms de Pleven ou de Gayssot ont suspendu toute forme de critique d’à peu près toute forme de pensée ou de communauté.
Naturellement, ces lois sont parfaitement inapplicables. Mais elles ont du moins la « vertu » de permettre de sanctionner toute personne qui aurait le malheur de déplaire aux puissants du jour.
L’élément dominant de cette interdiction de tout débat, c’est l’idéologie antiraciste. Dont la matrice intellectuelle est, si j’ose dire, l’anti antisémitisme. On ne s’en souvient plus guère aujourd’hui, car les Juifs sont les premières victimes de l’antiracisme contemporain et les intellectuels juifs en sont les premiers contestataires.
Car l’antiracisme contemporain est la version chic et bobo du soutien à l’islam radical.
Par une de ces bizarres ironies dont l’histoire a le secret, les lois « antiracistes » censées imposer à la France une repentance perpétuelle pour sa prétendue complicité dans le génocide des Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale, sont devenues une arme anti-juive fort efficace.
Et certaines officines « antiracistes » sont aujourd’hui les principaux fourriers de l’antisémitisme.
Mais passons. Ce n’est pas de la genèse de l’antiracisme que je voulais vous entretenir. Mais de sa réalité actuelle.
Or, sa réalité actuelle, c’est l’interdiction du débat sur l’identité nationale. Chacun sait bien que ce débat a été relancé par le président Sarkozy et sa majorité pour reprendre la main à la veille d’élections régionales qui promettent d’être désastreuses.
Et, en particulier, pour éviter que les électeurs de 2007 ne repartent vers le FN, supposé mort et enterré, mais en réalité bien vivant (d’autant qu’il sera plus difficile de « diaboliser » Marine Le Pen que son père…). En tout cas, ce n’est pas ce débat sur l’identité qui pourra nuire au FN !
Malgré ces arrière-pensées électoralistes, ce débat sur l’identité nationale pourrait être l’occasion pour les Français, pour la majorité silencieuse que nous sommes, de dire que nous voulons rester Français et que nous ne tenons ni à mettre la burqa à nos femmes à la mode afghane, ni à fêter la Toussaint avec des citrouilles ou des sorcières à la mode US.
Et c’est bien de cela qu’ont peur les « élites » politico-médiatiques.
Résultat : SOS Racisme vient de publier une pétition signée des fossoyeurs Mauroy et Jospin, de l’inénarrable BHL et des quelques saltimbanques de service réclamant la fin de ce débat et surtout la fin des « dérapages » :
« Les propos racistes tenus dans des réunions organisées par les préfectures sont d’autant plus graves que l’Etat vient apposer sa légitimité à l’expression de pensées qui n’ont pas lieu d’être dans le débat public. »
Car, naturellement, dire que l’on ne tient pas à être islamisé ou mcdonaldisés, c’est être raciste !
On pouvait difficilement compter sur le socialiste Besson (en charge de l’identité nationale par la grâce de Sarkozy) pour porter la réplique à ces gauchistes anti-français. Mais peut-être aurait-on pu assister à quelques sorties intéressantes des hommes politiques de droite. Eh bien ! nous avons été servis.
Pas une personnalité politique n’a défendu le malheureux maire du petit village de Gussainville (Meuse) qui avait déclaré
: « Il est temps qu’on réagisse, parce qu’on va se faire bouffer. » Ce qui est très exactement ce que pensent une large partie des Français.
Le seul à ne pas cracher sur cet édile, qui se serait bien passé d’une telle notoriété, a été Jean- François Copé qui a maintenu son désir de « libérer la parole ». Mais la plupart des caciques de l’UMP ont appelé à la radiation de ce maire.
Mais le bonnet d’âne restera sans conteste à Christian Estrosi : le maire de Nice a déclaré que, si un débat analogue à celui de Sarkozy avait été organisé en Allemagne dans les années 30, nous aurions pu éviter « l’atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne ».
La boucle est ainsi bouclée : l’identité nationale, c’est nazi et, si on en débat, on pourra peut-être éviter le nazisme. Comprenne qui pourra.
Personnellement, je ne comprends qu’une chose : ces prétendues « élites » qui, depuis des décennies, détruisent méthodiquement la France, n’ont aucune qualité pour nous éclairer sur notre identité nationale.
Si nous voulons rester Français, il faudra d’abord les jeter dehors. Si le débat sur l’identité nationale nous a enseigné ce préalable, il n’aura pas été complètement vain !
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