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Le désastre économique américain


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Audabram Pierre - mercredi 16 mars 2011

dollars, etats-unis
Alors que les milieux financiers restent té­tanisés par la crainte d’une nouvelle dé­faillance d’État souverain, il se murmure, depuis 2010 (et la presse économique commence à s’en faire l’écho), que la véritable catastrophe à venir, sera celle des muni-bonds, titres de créances émis par les collectivités locales américaines couvertes de dettes et proches de l’insolvabilité

L’agence de notation Moody’s ne vient-elle pas de s’en inquiéter et de sonner l’alarme, chiffrant à 3 000 milliards de dollars le montant des encours qui pourraient prochainement faire défaut ? (MoneyWeek n° 120).

Car, à l’image des crédits subprimes estimés à 4 000 milliards de dollars, ces muni-bonds ont été découpés en tranches et titrisés plusieurs fois, si bien qu’il est bien difficile, actuellement, de savoir où ils se cachent dans les bilans des banques… ou nos placements !

L’éclatement d’une bulle sur cette classe d’actifs pourrait avoir un effet cataclysmique sur le système financier mondial, avec des conséquences bien peu prévisibles.

Nous voilà prévenus. Hélas, ce n’est pas tout, et la planète finance nous réserve pire encore ! Nous sommes sur le point de découvrir que nos « alliés » américains, tout comme la Grèce, mentaient effrontément, et depuis des années, sur l’état réel de leur économie. Et cela pourrait, selon le bulletin n° 47 du GEAB (Global Europe Anticipation Bulletin), éclater courant 2011…

Parlons d’abord du dollar évalué, depuis 1973, par rapport à son indice USDX composé du panier de devises suivant : euro (57,6 %), livre sterling (11,9 %), dollar canadien (9,1 %), couronne suédoise (4,2 %), franc suisse (3,6 %) et yen (13,6 %). On voit que, sur ces six devises, le dollar canadien, marginal sur le plan international, la livre sterling et le franc suisse, partenaires commerciaux secondaires des États-Unis, et la couronne suédoise, ne peuvent pas être considérés comme un choix pertinent et fiable permettant de juger de la réelle évolution du billet vert.

L’équipe du GEAB a donc eu l’idée de composer son propre indice du dollar US, en y intégrant, outre l’euro et le yen, deux autres monnaies représentatives des échanges mondiaux et de la gestation d’un monde désormais polycentrique, soit le real et le yuan. Et là, surprise ! En refaisant les calculs, en glissement sur seulement cinq ans, l’indice GEAB $ Index accuse, en février 2011, une baisse de 20 %, alors que le Dollar Index traditionnel traduit, pour cette même période, une baisse de 12 %. Si une telle distorsion apparaît sur cinq ans, on est en droit de se demander de quel ordre pourrait être la différence si les calculs avaient été refaits en partant de 1973 ! À noter qu’en décembre 2010, la baisse du GEAB $ Index était de 19 %… Sans doute la mise en œuvre du plan « Quantitative Easing II » n’est-elle pas étrangère à cette dérive.

La position de Washington devenant intenable, le FMI vole à son secours (AFP 23 février 2011) en appelant à une dépréciation du dollar pour aider les États-Unis à réduire leurs déficits vis-à-vis des autres pays du monde. On aimerait connaître la réaction de ceux-ci quand on leur annoncera que la valeur de leurs énormes réserves de change en dollars sera peut-être diminuée de 50 %…

Mais un autre aspect de la situation est pointé du doigt dans le GEAB n° 47 : l’incidence de l’endettement public gigantesque sur le PNB américain, réalité que refusent de reconnaître la plupart des « experts », car elle produirait un choc d’une telle violence que la stabilité économique et financière mondiale serait en jeu.

Selon le GEAB, le PNB des États-Unis est, en fait, de 30 % inférieur aux chiffres officiels. De ce fait, le ratio dette publique/PNB était de 113 % en 2009 et non pas de 83 % (MarketWatch du 25 août 2010) !

C’est bien entendu le contexte général, dominé par la perte d’influence toujours plus criante des États-Unis, qui favorise cette découverte dont les conséquences sont imprévisibles.

Le GEAB précise « qu’avec une telle surévaluation, ce sont donc pratiquement tous les indicateurs qui sont faux dans des proportions importantes. ».

Après avoir exposé une situation que je qualifierais de dramatique, vu les terribles incertitudes qui l’entourent, je pense qu’il serait sage, actuellement, de remettre nos destinées économiques et financières à une monnaie qui ne nous a jamais menti : l’or !


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Clivage «Il faut revenir à un débat droite-gauche et sortir du face-à-face avec Marine Le Pen.»

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