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Le dollar est un bon bouc émissaire !


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Trémeau Bernard - samedi 27 décembre 2003


Quand l’euro a été créé il y a bientôt cinq ans, le 4 janvier 1999, nos hommes politiques nous ont annoncé qu’on allait avoir enfin une monnaie forte. Le gentil euro allait pouvoir damner le pion au vilain dollar. On allait voir ce qu’on allait voir.

Il n’y a pas de parité fixe entre le dollar et l’euro et c’est la loi de l’offre et de la demande qui détermine la valeur relative des deux monnaies. Les possesseurs de capitaux, en fonction des informations dont ils disposent, achètent de l’euro ou du dollar, mais aussi des actions, des maisons ou de l’or. Quand l’inflation menace, le prix des maisons augmente. Chaque violence dans le monde fait monter le prix de l’or. Par exemple, quand la banque centrale américaine (la FED) offre 4 % d’intérêts sur le dollar, on préfère acheter du dollar, si, dans la même période, la Banque centrale européenne (la BCE) n’offre qu’un taux de 2 %.

Des milliers de financiers interviennent 24 heures sur 24 sur toutes les places financières du monde entier par téléphone, par fax ou par Internet. Plus ils préfèrent avoir de l’euro, plus la valeur de l’euro augmente. Des sommes fabuleuses sont ainsi échangées chaque jour, plus de 1 200 milliards de dollars (les réserves de toutes les banques centrales réunies ne s’élèvent qu’à 2 000 milliards de dollars, même pas la valeur échangée en deux jours).

Grâce à cette souplesse, grâce à cette recherche permanente du meilleur rapport possible, le capital n’est pas gaspillé et les investissements s’adaptent le mieux possible aux besoins réels des populations. Car ce sont finalement les besoins ou les désirs des milliards de consommateurs qui déterminent les choix des financiers.

Libérer les entreprises, pour faire remonter l’euro

Pendant deux ans, l’euro a subi une lente mais inexorable dégringolade. L’orgueil des hommes politiques européens était blessé. Comme la BCE ne pouvait pas augmenter les taux d’intérêts offerts pour l’euro, car ceci aurait fait grimper le chômage européen déjà beaucoup trop élevé, on a accusé les Américains de pratiquer volontairement une politique du dollar fort. C’était une fois de plus la faute des méchants Américains si l’euro baissait.

D’ailleurs, début 2000, pour lutter contre la bulle spéculative faisant grimper beaucoup trop rapidement le prix des actions, la FED a augmenté jusqu’à 6,50 % ses taux d’intérêts. La bulle spéculative s’est dégonflée, mais toute l’économie mondiale est tombée en panne. On a guéri la hausse irrationnelle des actions, mais on a mis à genoux les économies. La progression du PIB de tous les pays a été stoppée, le chômage s’est mis à grimper. Et comme les taux d’intérêts américains étaient très élevés, les investisseurs ont encore préféré le dollar et l’euro a continué à baisser jusqu’à la fin de l’année 2000. L’euro valait moins que 0,85 dollar. Une honte.

Les banques centrales ont alors acheté un peu d’euro et vendu quelques dollars, pour montrer qu’elles jugeaient ce taux comme un taux plancher. Les financiers ont parfaitement reçu le message et pendant toute l’année 2001, la parité entre euro et dollar est restée stable, alors que la FED, pour relancer l’économie qu’elle avait bloquée en mars 2000, faisait dégringoler en quelques semaines ses taux courts de 6,5 % à 1 %. La BCE n’abaisse les siens qu’à 2 %.

Les attentats et les guerres interviennent à leur tour avec le 11 septembre 2001. L’effort militaire américain creuse un déficit abyssal dans le budget de l’État tandis que les capitaux étrangers affluent aux USA et accentuent le déficit de la balance commerciale américaine. Le prix de l’or grimpe. L’Europe, ligotée par le pacte de stabilité, ne tolère pas de déficit budgétaire supérieur à 3 % et sa balance commerciale est excédentaire. L’euro commence début 2002 à reprendre de la valeur. Et depuis deux ans, il ne s’arrête plus de grimper. Il passe de 0,85 dollar à 1,23.

Les financiers préfèrent l’or ou les actions au dollar et pour faire un placement monétaire, l’Europe offre le double des USA. L’euro devient fort. Nos hommes politiques auraient dû s’en réjouir. Patatras !

Les entreprises européennes déjà brutalisées par une folle fiscalité, subissent en plus la forte évaluation de l’euro. Elles délocalisent au lieu d’exporter. Or il semble que la FED n’ait pas du tout l’intention d’élever ses taux courts : l’économie américaine n’en a pas besoin…

Si nos hommes politiques ne libèrent pas les entreprises européennes, ils vont les tuer.


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En bref
Étudiants

On pourrait se réjouir de l’augmentation du nombre des étudiants étrangers en France : plus 48 % entre 1998 et 2002 et 180 000 inscriptions à la rentrée 2002. Mais comme les effectifs provenant de l’Union européenne sont en forte baisse, cela veut dire que ces étudiants viennent presque tous du Tiers-monde…D’ailleurs, la moitié des étudiants africains poursuivant leurs études en France sont originaires de l’un ou l’autre des trois pays du Maghreb.

Chiffres Significatifs

Acheter

Accidents Il y a huit fois plus d’accidents du travail (avec arrêt de travail) dans le secteur du bâtiment et des travaux publics que dans celui des services.

Armée

15 % des effectifs de l’Armée de terre sont actuellement stationnés à l’étranger, dans le cadre d’opérations extérieures.

Contrôles

Chaque année, pour lutter contre la fraude fiscale, la Direction générale des impôts procède à un peu plus de 50 000 contrôles sur place. 10 % seulement de ces opérations concernent des particuliers.

Logements

Quand la France, en moyenne, construit 300 000 nouveaux logements par an, pour 60 millions d’habitants,

l’Espagne, pour 40 millions d’habitants, en construit 300 000…

Surendettés

16 % des ménages européens seraient surendettés (i.e. auraient des difficultés pour rembourser leurs dettes). La proportion atteint 49 % en Grèce, 25 % en Irlande, 23 % en Espagne et 15 % en France.

Coopération

Le ministère des Affaires étrangères subventionne 25 associations qui envoient en moyenne 1 600 volontaires dans quelque 107 pays




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