Rouxel Jean - lundi 16 novembre 2009
homosexualite, europe, justice
Le droit de l’enfant à grandir au sein d’une famille équilibrée prime sur le prétendu « droit à l’enfant » des homosexuels.
La nouvelle est tombée ce 10 novembre, presque incidemment. Le tribunal administratif de Besançon, cassant une décision du Conseil général du Doubs, a autorisé une lesbienne à adopter un enfant. Ce jugement ouvre une brèche dangereuse, sinon dans notre droit de la famille, du moins dans la lecture que peuvent en faire les juges administratifs. Officiellement, la loi française n’autorise toujours pas l’adoption par les homosexuels ; mais qu’importe la loi si les tribunaux passent outre l’interdiction ?
En l’occurrence, le juge s’est passé de l’avis du législateur. Il n’en avait pas besoin, puisqu’une décision de la Cour européenne des droits de l’homme, disqualifiant la loi française, a couronné le « droit » des homosexuels désireux de s’approprier un enfant. En janvier 2008, la Cour européenne avait en effet condamné la France en arguant que, dès lors que la loi française autorise les célibataires à adopter, le refus d’accéder à la requête formulée par une homosexuelle en raison de son « orientation sexuelle » constituerait une discrimination.
En théorie, l’enfant est adopté par une célibataire. Et le fait que cette célibataire soit homosexuelle ne fait pas obstacle à l’adoption…
Au-delà de son caractère profondément scandaleux, cette actualité révoltante m’inspire deux réflexions d’ordres différents.
L’Eurotechnocratie contre le droit français
La première regarde l’illégitimité fondamentale de la décision du juge européen, sur laquelle s’appuie le tribunal franc-comtois. Cette décision n’est que l’expression du despotisme de l’eurotechnocratie, qui opprime les peuples en s’arrogeant le droit de se prononcer à leur place sur des questions aussi essentielles que la définition de la famille.
Cette oppression a été rendue possible par les abandons successifs de souveraineté qu’ont consentis nos gouvernants, contre le peuple lui-même, qui a signifié son refus du nouvel ordre lorsqu’il a été consulté en 2005 sur le projet de Constitution européenne.
En se faisant le promoteur du traité de Lisbonne Nicolas Sarkozy, qui se prétend hostile à l’adoption par les homosexuels – mais qui a néanmoins nommé au Secrétariat d’Etat à la famille Nadine Morano, laquelle y est favorable – a participé activement à cette dépossession du peuple français du droit de décider lui-même de son destin.
Voilà pourquoi le débat sur le prétendu droit des homosexuels d’adopter des enfants est clos avant d’avoir eu lieu. En témoigne l’argument initialement invoqué par le Conseil général du Doubs qui, pour refuser son autorisation aux lesbiennes franc-comtoises, n’a pas fait valoir leur homosexualité, mais un désaccord entre elles portant sur l’enfant qu’elles convoitent d’adopter.
L’octroi de la possibilité d’adopter aux célibataires est une boîte de Pandore
Par ailleurs, la décision du tribunal de Besançon – c’est ma deuxième remarque – s’inscrit dans le processus continue de désintégration du modèle familial traditionnel et naturel, en cours depuis plus de trois décennies.
En autorisant notamment l’adoption par les célibataires, on a admis l’effacement du modèle familial père-mère-enfant. Il est vrai qu’avec la banalisation du divorce – encouragée par la réforme de 2007 – et la multiplication des familles recomposées ou des mères célibataires, ce modèle était déjà très ébranlé. Mais si courant soient-ils, l’éclatement d’un couple est un échec souvent douloureux, la conception d’un enfant hors mariage peut être imprévue ; tandis que l’octroi du droit d’adopter aux célibataires remet en question le modèle familial traditionnel dans son principe même.
Dès lors, à quel titre refuser d’envisager qu’un enfant puisse avoir deux papas ou deux mamans ? La réponse est simple : au nom du droit de l’enfant à grandir dans une famille équilibrée, cet équilibre procédant de la complémentarité de l’homme et de la femme, du père et de la mère.
C’est au nom de ce droit de l’enfant à une famille – qui prévaut sur le prétendu « droit à l’enfant » réclamé par les homosexuels.
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