Rouxel Jean - mardi 06 novembre 2007
politique
Le « Comité Balladur » sur la réforme constitutionnelle a rendu ses conclusions. Parmi celles-ci, l’introduction d’une dose de proportionnelle : entre 20 et 30 députés – l’Assemblée nationale en compte 577 – seraient élus selon « une proportionnelle compensatrice », au bénéfice de partis ayant obtenu au moins 5 % des voix.
Pour la plupart des députés UMP, exaspérés par la politique d'« ouverture », inquiets à la perspective du prochain redécoupage électoral, ces 20 à 30 sièges sont le maximum tolérable. Pour beaucoup, moins de 20 sièges auraient été encore mieux. Lionel Luca député UMP des Alpes-Maritimes, se singularise dans son propre camp en jugeant « un peu ridicule » cette faible dose de proportionnelle : il est « insupportable que le Parlement ne représente pas la population française ». Il prône, pour « ne pas se cantonner à un protectionnisme corporatiste, un minimum de 50 sièges ».
L’introduction de cette dosette de proportionnelle a le mérite d’entrebâiller la porte au Front national, qui n’est plus représenté au Parlement depuis 1988, malgré son poids électoral, resté significatif. Mais il est vrai que cette anomalie n’est pas due à la seule absence de proportionnelle. À cela s’est ajoutée la mise en œuvre systématique du “front républicain”. Procédé qui fut encore utilisé contre Marine Le Pen au second tour des dernières législatives.
La proportionnelle présente aussi des inconvénients. Les députés élus selon ce mode de scrutin n’obéissent qu’à leur parti, et plus du tout aux électeurs. Guy Tessier, député UMP des Bouches-du-Rhône explique : « Un député, ça doit être sur le terrain, écouter les gens et faire remonter l’information. Le seul effort que les nouveaux élus devront faire, c’est être en grâce avec leurs états-majors pour rester en tête de liste ! » En outre, il déplore l’introduction d’une « rupture du principe d’égalité » entre députés.
Certains députés UMP, comme Alain Gest (Somme), accusent la proportionnelle de « surreprésenter les petits partis » et d'« aboutir, en cas de scrutin serré, à une absence de majorité ». Il est certain que l’introduction massive de la proportionnelle ramènerait les errements du régime d’assemblée, dont la Constitution de la ve République a éloigné le spectre.
Il y a une autre solution, plus juste, plus simple et conforme à l’esprit originel de nos institutions, version 1958 : le scrutin majoritaire à un seul tour. C’était celui qui avait la préférence du Général de Gaulle.
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