Courrier - lundi 08 mars 2010
violences
Une de plus. Encore une fois, une fillette de huit ans a été enlevée et violée par un violeur récidiviste, qui avait fait l’objet,au cours de la même année 2004, de deux condamnations, l’une à six mois de prison pour enlèvement et agression sexuelle, et l’autre à sept ans de prison pour agressions sexuelles sur mineure.
Moyennant quoi, en 2010 il vivait tranquillement dans le Gard, sans que personne dans immeuble ait été informé de son passé.
La petite fille et sa mère croyaient bien connaître ce voisin, installé depuis 2009 au rez-de-chaussée, et avec lequel la fillette avait été faire des courses le matin même du viol. Elles lui faisaient si bien confiance que la mère a laissé son enfant se rendre chez ce brave homme pour jouer à l’ordinateur. Après l’avoir violentée, le malfaiteur a conduit la petite fille, sous la menace d’un couteau semble-t-il, au cimetière où elle avait enterré son père quelques semaines auparavant, précise Le Parisien. C’est là que le lendemain, l’alerte ayant été donnée, des habitants partis à leur recherche ont repéré l’enfant et son bourreau, qui a été interpellé par les gendarmes.
« Il répondait à toutes les convocations de la justice dans le cadre de son suivi socio-judiciaire de dix ans imposé lors de sa condamnation en 2004 à Toulon », explique le procureur de Nîmes, Robert Gelli. « Les psychiatres qui l’ont suivi n’ont pas donné d’alerte rouge, ils n’ont pas estimé qu’il y avait des risques de réitération », renchérit Thierry Lescouarc’h, procureur d’Alès.
Résumons : un délinquant sexuel coupable de deux agressions sur mineur, dont une avec enlèvement, condamné en juin 2004, est déjà dehors en juillet 2009. Comme tous les délinquants sexuels, qui sont en général des prisonniers modèles, il se conforme aux obligations judiciaires qui lui sont imposées. Les psychiatres ayant garanti qu’il n’est pas dangereux, on ne prévient même pas ses voisins des risques potentiels qu’il leur fait courir. Pensez ! Ça pourrait lui pourrir la vie, à cet homme. Les habitants du quartier pourraient s’en méfier, le regarder de travers…
Moyennant quoi, personne dans le quartier ne s’est méfié. Le délinquant a eu tout loisir de choisir son heure – à moins qu’il n’ait été poussé par des pulsions que les psychiatres n’avaient pas prévues. Et une fillette entame son existence en portant un traumatisme terrible. Merci pour elle aux psychiatres, merci aux juges, et merci enfin aux politiciens qui préparent et votent ces règlements et ces belles lois grâce auxquels les victimes sont livrées et les criminels protégés.
Antoine Pèbres
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