Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Le gouvernement tire à hue et à dia


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
6 VOTES
804 LECTURES

Trémeau Bernard - mercredi 13 avril 2011

gauche
Avant l’automobile, les charretiers donnaient des ordres à leurs chevaux. Quand ils criaient « hue », le cheval tournait à droite ; quand ils criaient « dia », il tournait à gauche…

Tirer à hue et à dia, c’est vouloir aller en même temps à droite et à gauche. C’est ce que fait notre gouvernement.

D’un côté, notre gouvernement, sous la direction de Xavier Musca et en total accord avec Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, la BCE, suit une politique monétariste. Pour relancer l’économie, il diminue les im­pôts touchant les entreprises françaises. Il tire à hue. Comme nos entreprises sont en concurrence avec toutes les entreprises étrangères, elles sont obligées de diminuer leurs prix pour conserver leurs clients. Les prix baissant, le pouvoir d’achat de tout le monde augmente et l’économie repart. Le chômage diminue. Les pays qui ont utilisé cette relance sans l’associer à des mesures inflationnistes (Irlande ou Brésil) sont arrivés au plein emploi en un an, avec une progression du pouvoir d’achat avoisinant 10 % du fait de la baisse généralisée des prix.

Mais, de l’autre côté, notre gouvernement procède aussi à de très nombreuses augmentations de salaires. Il tire alors à dia. Il sait parfaitement qu’au bout de quelques semaines, ces mesures seront responsables d’inflation. Elles contraindront donc la BCE à rendre le crédit plus coû­teux en augmentant ses taux courts. C’est ce qu’elle vient de faire cette semaine. Le crédit étant plus coûteux, les Euro­péens emprunteront moins. La progression du pouvoir d’achat diminuera. Si elle passe en dessous de 3,2 % environ, le chômage apparaît et augmente.
Le gouvernement tire à dia pour plusieurs raisons :

D’abord, la mondialisation fait que certains prix augmentent, tandis que d’autres diminuent. Les Chinois et les Indiens ayant décidé de préférer la moto ou la voiture à la bicyclette, le prix du pétrole, de l’essence ou du gaz augmente, car la demande devient supérieure à l’offre. C’est normal.
Le gouvernement français interdit alors à GDF d’augmenter ses tarifs et, dans le même temps, il lui donne une subvention pour équilibrer son budget. Finale­ment, le gouvernement augmente ses dépenses pour financer les dépenses en gaz des Français. Il procède ainsi à une relance keynésienne.
Ensuite, le gouvernement a le devoir d’aider ceux dont le pouvoir d’achat est trop faible. Dans un pays riche comme le nôtre, on ne peut pas laisser mourir de faim ou de froid un individu. Le gouvernement doit donc donner de l’argent à tous ceux qui sont dans une situation difficile. De très nombreuses subventions aident ainsi les enfants sans vraie famille, les adultes sans travail ou les personnes âgées ayant besoin d’une aide.
Enfin, et surtout, de très nombreux Français croient encore aux idées de Marx et de Keynes. Ils sont persuadés qu’une augmentation de leurs salaires augmentera leurs revenus. (Et ils ont raison de le croire quand ils sont les seuls en France à obtenir une augmentation de salaires. Si les salariés de la SNCF obtiennent seuls une augmentation de leurs salaires, ils ont une véritable augmentation de leurs revenus offerte par tous les autres Français qui paieront leur train un peu plus cher.)

Les salariés étant « exploités », il est normal que le gouvernement oblige les entreprises à augmenter leurs salaires. En agissant ainsi, le gouvernement tire à dia : il augmente l’inflation.

Les partis de gauche français sont persuadés que ces idées sont encore valables aujourd’hui, malgré la mondialisation et l’exemple des monétaristes. Et les partis de gauche français sont actuellement majoritaires. La population pense donc qu’ils ont raison et vote pour eux.
Même des responsables de la majorité actuelle partagent ces idées. Et de nombreuses décisions inflationnistes sont prises.

Finalement, 3 situations sont possibles :

– Soit aucune mesure inflationniste n’est prise : les prix baissent, le chômage disparaît en un an et le pouvoir d’achat grimpe de 10 %.
– Soit les mesures inflationnistes ne sont pas trop nombreuses, le retour au plein emploi est possible, mais il sera retardé et pourra exiger plusieurs années.

– Soit, enfin, les mesures inflationnistes sont trop nombreuses, le pouvoir d’achat reste stationnaire, le chômage persistera, voire augmentera. C’est la situation actuelle de la France. Gouverner en tirant à hue et à dia ne doit pas être très satisfaisant…

4 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
Armement
Les exportations françaises d’armement ont rapporté 4,3 mil­liards d’euros en 2010, loin des 8 milliards enregistrés en 2009 !

Chiffres significatifs

Testament > 3,5 millions des Français ont rédigé un testament.

Bac > 72 lycées ont connu une réussite de 100 % au baccalauréat 2010, dont 39 en Île de France.

Énergie > La facture énergétique de la France s’est élevée à 46,1 milliards d’euros en 2010, en hausse de 19 % sur un an.

Immobilier > En 2010, la France a enregistré environ 980 000 opérations dans l’immobilier résidentiel privé, soit une hausse de 16,2 % en un an !

Agriculture > En 2010, la France comptait un peu moins de 76 000 exploitations laitières, contre 150 000 en 1995 et 370 000 en 1984 !

Équitable > Le marché mondial du « commerce équitable » a représenté un chiffre d’affaires de 3,5 milliards d’euros en 2010, contre 2,4 milliards en 2009.

Croisières > Les croisières en France (outre-mer compris) ont attiré 3,13 millions de passagers en 2010 (dont 2,4 millions en Méditerranée, 280 000 dans la Manche ou l’Atlantique et 425 000 outre-mer), contre 1,89 en 2005 et 1,6 en 2000.

Service > En 2010, 10 141 jeunes Français ont été volontaires pour un service civique, dont 57 % de jeunes femmes. Leur moyenne d’âge s’élevait à 21 ans et 5 mois.

Fisc > La fiscalité sur le patrimoine a rapporté à l’État 55,9 milliards d’euros en 2010.




Plan du site