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Le grand mensonge du déficit public.


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Dumait Alain - dimanche 02 octobre 2005


Washington samedi dernier, notre ministre de l’économie, Thierry Breton, 50 ans, a déclaré que la France « tiendrait son engagement de maintenir son déficit budgétaire en dessous de la barre des 3% de son produit intérieur brut (PIB) », confirmant implicitement aux observateurs du monde entier, réunis pour l’Assemblée générale du FMI, qu’un tel objectif serait difficile à atteindre…
Pourtant, l’engagement de la France n’est pas exactement celui qu’a rappelé le ministre. Il était de réduire ce déficit progressivement, pour se rapprocher d’une situation d’équilibre, laquelle est donc renvoyée aux calendes grecques.
Plutôt que de parler de 3% de déficit par rapport au PIB, on ferait mieux de comparer ledit déficit à l’ensemble des dépenses inscrites au budget de l’État. D’un côté, 50 milliards d’euros. De l’autre, 290 milliards d’euros. Ce qui veut dire qu’un sixième de ces dépenses ne sont pas financées. Que deux mois sur douze, l’État vit à crédit. Il s’endette sur notre dos, sans que nous n’ayons d’ailleurs jamais été consultés d’aucune manière. Et ce sont nos petits-enfants qui paieront. Car le déficit creuse la dette, laquelle dépassera au seul titre de l’État, la barre des 1 100 milliards d’euros avant la fin de l’année.
Comme tous les responsables politiques, Thierry Breton est parfaitement conscient de cette situation. Il a même repris récemment, mot pour mot, les termes d’une campagne de communication des « Contribuables Associés », mettant en avant que chaque enfant qui naît en France trouve dans son berceau une part de dette publique de quelque 17 000 euros. Toujours aussi schizophrènes, nos politiciens savent ce qu’il faut faire, disent ce qu’il faudrait faire, et font exactement l’inverse !
Dominique de Villepin dit vouloir réduire la pression fiscale sans diminuer les dépenses publiques. Et maîtriser celles-ci sans diminuer le nombre des fonctionnaires, dont les salaires, qui représentent plus de 60 % des dépenses publiques, augmentent « mécaniquement » (du fait des largesses concédées à leurs syndicats non représentatifs) de quelque 3 % par an. Dans la conjoncture actuelle – mais faut-il entendre ce terme au sens économique ou politique ? –, notre Premier ministre déclare même qu’il n’est pas opportun de réduire les dépenses publiques. On croit rêver : a-t-on jamais vu une entreprise se redresser sans faire des économies ?

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Il est vrai que dans de nombreux domaines, les politiciens français semblent s’imaginer pouvoir s’abstraire des règles en usage partout ailleurs, en particulier celles qui président au bon fonctionnement de l’économie. Après 25 ans de tergiversations, un ministre de l’Économie et des Finances nommé Edouard Balladur, en 1986, supprima enfin le contrôle des prix. Car c’est par la concurrence, et non par la surveillance administrative, qu’on fait efficacement pression sur les prix. Pourtant, il ne se passe pas une semaine sans que des industriels soient convoqués à Bercy, pour s’expliquer sur leurs prix. Avant-hier, la grande distribution ; hier, les pétroliers ; aujourd’hui, les acteurs de la téléphonie mobile.
La liberté d’entreprendre est de toutes parts contestée. On s’offusque des licenciements et on s’étonne que les entreprises étrangères aillent s’installer ailleurs. Dans le dernier numéro de sa revue « Société Civile », l’iFRAP estime qu’il serait possible de créer rapidement deux millions de nouveaux emplois si on donnait aux entreprises la liberté de recruter et de licencier.
Les libertés économiques sont des libertés parmi d’autres. Il n’est pas surprenant que leur limitation aille de pair avec un mouvement général de réduction des libertés publiques, de la liberté d’expression en particulier.
La guerre civile continue. La chasse aux sorcières se developpe. Une nouvelle étape dans l’escalade vient d’être franchie. La petite fille de Maurice Papon a dû quitter sans préavis le Ministère des anciens combattants où elle venait d’être recrutée comme conseiller technique, à la suite d’un article de presse, sur le seul motif de sa filiation. Les haines, comme autrefois les privilèges, sont maintenant héréditaires…


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