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Le grand naufrage de la justice en France |
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Milliere Guy - samedi 24 juillet 2004
La France est une société très malade. Nul secteur ne le montre mieux depuis quelque temps que la justice. Au récent procès d’Outreau dans le Pas-de-Calais, on a pu voir une sorte de quintessence de fiasco et d’indécence. Une instruction bâclée par un juge débutant, visiblement incompétent mais néanmoins arrogant car sûr de son impunité et sûr d’être au-dessus des lois. Des gens à l’évidence innocents emprisonnés pendant de longs mois et leur vie brisée sans preuves matérielles et sur la simple foi de dénonciations calomnieuses et de discours délirants. Des gens condamnés quand même à la fin, bien que rien, strictement rien n’indique qu’il y ait la moindre raison qu’ils le soient sinon l’« intime conviction » des jurés et du président. Dans un pays qui mérite le nom d’État de droit, seules quatre personnes auraient été condamnées, les autres accusés auraient été relâchés. Dans un pays qui mérite le nom d’État de droit, la plupart des gens incriminés n’auraient pas, de toute façon, été placés en détention préventive, faute de preuves, et leur vie familiale et professionnelle n’aurait pas été brisée, d’une façon probablement irréversible. Dans un pays qui mérite le nom d’État de droit, on n’aurait pas condamné à mort de façon aussi arbitraire des innocents, car il y a des morts par suicide en prison. On aurait préservé la liberté de ceux que rien n’incriminait, on aurait condamné de façon exemplaire les coupables, on aurait sanctionné, voire révoqué, un juge léger, irrespectueux de ceux qu’il a sous son autorité et irrespectueux, de facto, de l’idée même de justice. Tandis qu’on maintient en prison des innocents à Outreau, et qu’on les pousse à la mort, on peut découvrir en parallèle qu’on libère des criminels avérés comme pour leur donner l’occasion d’avoir une « seconde chance ». Un violeur récidiviste résidant dans le Nord vient d’avouer dix meurtres avec sévices : on lui en attribue pour le moins trente, et il est tout à fait possible que, quand cet article paraîtra, le chiffre ait été revu à la hausse. Fallait-il vraiment, après une première condamnation pour des faits extrêmement graves, lui permettre de retrouver la liberté ? Ne pouvait-on penser que cette liberté serait pour lui liberté de violer et de tuer ? Un autre violeur récidiviste résidant en Alsace, lui, a été interpellé. Il avait été condamné pour meurtre. Il aurait dû passer vingt ans en prison, mais les vingt ans sont devenus quatorze : il s’est « bien conduit » en prison et a bénéficié de remises de peine. Trois mois après avoir été libéré, de forts indices inclinent à penser qu’il a tué trois personnes. On peut estimer que la peine de mort n’a pas de justification : ce n’est pas mon cas, mais je suis prêt à écouter des gens qui ont un autre avis que le mien. On peut estimer que des voleurs, même récidivistes, peuvent changer et se réhabiliter, mais comment peut-on appliquer le même raisonnement à des violeurs, à des pédophiles, à des auteurs d’assassinat avec préméditation ? On vient d’inscrire dans la Constitution le principe de précaution pour ce qui concerne l’environnement, ce qui est à mes yeux une ineptie dangereuse pour le futur de la recherche scientifique. Comment justifier qu’on envisage d’interdire des expériences scientifiques ou la mise sur le marché de produits nouveaux au nom de l’idée qu’il pourrait exister un risque infinitésimal que dans le long ou le très long terme, ils pourraient nuire à la santé humaine ou à la « nature » en général, et que nul ne semble songer à interdire cette expérience beaucoup plus dangereuse, et de façon bien plus vérifiable, et non dans le long ou le très long terme, mais dans le très court terme, qu’est la remise en liberté de criminels avérés qui ont déjà fait la preuve de leur dangerosité ? Derrière ce qu’il faut bien appeler le grand naufrage de la justice en France, il y a, à l’évidence, la chape de plomb du politiquement correct et l’élitisme infatué de la gauche vison-caviar. En parallèle, la même justice française trouve normal qu’un propagandiste antisémite crie « Heil Israël » à la télévision, ou pose fièrement en uniforme de SS pour les affiches d’un spectacle dont l’auditoire pourra préparer en toute quiétude les prochains actes antijuifs. Quand donc s’élèvera-t-il en ce pays un grand cri de colère exigeant que la justice redevienne juste et soit à nouveau à sa place ? Les Français sont-ils devenus à ce point résignés ? Le droit et la démocratie sont-ils définitivement confisqués ?
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Socialistes
« N’oublions pas que nous avons été trompés à deux reprises, au moins, par Jacques Chirac. La première fois, le 5 mai 2002, quand nous avons apporté notre soutien au candidat Chirac. Ce contrat moral a été déchiré comme un chiffon de papier au bénéfice d’une politique de régression sociale et de sectarisme politique. La deuxième fois, sur l’Irak alors que nous avons été les meilleurs soutiens du Président. Croyez-vous que nous avons été ensuite consultés, associés ? Pas une seule fois ! » (Jack Lang).
Sic
Libéralisme « On oublie trop souvent que les sarcasmes dont les libéraux ont d’abord été l’objet, provenaient non de la gauche mais des conservateurs et des défenseurs de l’Ancien Régime » (Philippe Tesson).
Calcul « Prenez un livre de calcul de CE2 d’avant 1960, vous aurez du mal à le faire comprendre aujourd’hui par des élèves de CM2 » (Marc Le Bris, directeur d’école, qui ajoute : « Si j’avais un conseil à donner à des jeunes collègues en formation, je leur dirais “Écoutez bien ce qu’on vous dit à l’IUFM, et faites le contraire ! “ »).
Énergie « Les Américains, qui représentent moins d’un vingtième de la population du globe, consomment 20 % de l’énergie mondiale. Si l’ensemble des peuples menait le train de vie des Américains, la consommation d’énergie dans le monde serait multipliée par cinq et la terre n’y survivrait sans doute pas » (Axel Kahn).
Opium « Deux routes permettent d’acheminer l’opium de l’Afghanistan vers l’Europe : la route des Balkans, qui s’appuie sur des groupes criminels turcs, albanais, ex-yougoslaves et italiens ; et « la route de la soie », qui passe par l’Asie centrale, la mer Caspienne, la Russie, la Pologne et les Pays Baltes » (Georges Estievenart, directeur de l’Observatoire européen des drogues). |
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