Lévy Gabriel - vendredi 14 octobre 2011
juppe, israel
Pour ce gouvernement, mais pour le précédent aussi, toute réaction d’Israël est « disproportionnée », qu’il s’agisse de répliquer à des bombardements incessants ou d’éviter le transfert d’armement par le biais de flottilles dites humanitaires. En revanche l’échange d’un captif, même franco-israélien, contre 1027 terroristes est un « échange équilibré ».
La phrase est dite, en effet, par M. Juppé – le « meilleur d’entre nous » qualifié ainsi par M. Chirac – sortant guilleret du dernier conseil des ministres.
Nous ne percevons pas là le tact qui sied à la situation ainsi qu’à un chef de la diplomatie. Il pouvait se réjouir d’un dénouement heureux, ne pas en dire plus, mais était-il indispensable de qualifier un marché sordide, ignoble, honteux « d’équilibré », pourquoi pas de « commerce équitable » ? Le « meilleur d’entre nous » ne pouvant avoir la langue qui fourche, on doit s’inquiéter de la signification de cette déclaration.
Dans le concours de maladresse diplomatique, il faudra citer aussi un autre ministre des affaires étrangères de M. Sarkozy, M. Kouchner qui avait considéré, lors d’un précédent « échange » de deux cadavres contre des terroristes ayant assassiné une famille entière que « cela présentait l’avantage de repartir sur de nouvelles bases ». Son pari devait être gagné, puisque le prix d’une vie franco-israélienne avait augmenté entre-temps.
Plaise à M. Juppé, « chef de la diplomatie » de se satisfaire de ce que « un accord a été conclu qui semble équilibré, nous le soutenons ». Nous avons compris, grâce à lui, que la France évalue au même prix un « demi-Israélien-demi-Français » et 1.027 terroristes, jugés comme tels par un pays démocratique.
9 commentaires - Ecrire un commentaire
|