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Le libéralisme : antidote du corporatisme


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Barrucand Pierre - mercredi 10 octobre 2007

economie
Le terme de libéralisme désigne au moins trois choses bien distinctes, même si elles peuvent être compatibles.

1) Le libéralisme économique inspiré d’Adam Smith. Très efficace à ce point de vue, il peut néanmoins être associé à des dictatures souvent conservatrices comme ce fut le cas souvent en Amérique latine. Le dernier exemple, et pas le pire, fut celui de Pinochet. Inversement, il peut aussi être tempéré par des convergences avec certaines idées socialistes ou syndicales.

2) Le libéralisme sociétal défend avant tout les droits de la personne, notamment dans les domaines sexuel, familial et religieux. Il peut aussi préconiser l’assouplissement, plus ou moins large, de la législation sur les stupéfiants. Il est admis sans restriction ou presque, aux Pays-Bas et est la doctrine du Parti radical italien de Marco Panella.

3) Le libéralisme anticorporatiste. En effet, l’exercice d’une profession peut être régulé par l’État en en limitant le droit à certaines personnes, souvent à cause de leurs titres universitaires ou de leur compétence, mais parfois pour de simples raisons financières. On peut aussi interdire ou gêner l’exercice de professions voisines. C’est l’ensemble de ces pratiques qui constitue le corporatisme, naguère doctrine économique des pays fascistes.

Or, elles restent encore bien trop puissantes en France. Notamment mais pas uniquement hélas, dans le domaine des professions de santé.

Certes, on ne pourrait permettre l’exercice de celles-ci à « n’importe qui ». Notons quand même que beaucoup de pays, notamment l’Allemagne (même sous Hitler !) sont moins rigides que la France sur ce plan.
Il n’y a pas trop longtemps, les inscriptions en faculté de médecine étaient, sous réserve de compétence, tout à fait libres. Ainsi donc, le nombre de praticiens sortant de ces facultés ne pouvait être déterminé.
Depuis, on a transformé les conditions d’inscriptions en limitant le nombre d’étudiants par l’instauration d’un concours d’entrée (nommé par erreur numerus clausus). Le but était de « protéger » les médecins d’une concurrence excessive.
Le résultat, inévitable, fut un manque de praticiens aggravé dans certaines régions peu attractives. Contre cela, fait grave, l’ineffable Douste-Blazy, ne sut que relever très faiblement le « numerus clausus ».

La même situation se retrouve pour les infirmières. Souvenons-nous qu’assez récemment, à cause d’une pénurie de celles-ci, on dut en « importer » d’Espagne. Beaucoup ignoraient le français, ce qui a de graves inconvénients ! De même, on manque de dentistes.
Quant aux vétérinaires, ils sont formés dans des « écoles » d’accès très difficile et dirigées par le ministère de… l’Agriculture ! Une administration particulièrement autoritaire et souvent malfaisante. Heureusement, Union européenne aidant, les aspirants ont trouvé une esquive en allant s’inscrire en Belgique francophone.

Le cas des pharmaciens est encore plus étrange car, dès les années 1930-39, on empêcha ceux-ci d’installer leurs officines où ils voulaient, ce qui est paradoxal pour une profession qui est quand même, en pratique, commerciale !
De plus, il existe un « ordre des pharmaciens » chargé notamment d’empêcher toute concurrence !

Rappelons aussi la disparition des herboristeries décidée par le gouvernement de Vichy et que rien ne justifie.
Le corporatisme ne se limite pas qu’aux seules professions de santé. Ainsi l’exercice du métier d’avocat a été rendu bien plus difficile qu’avant 1939. On pourrait citer bien d’autres exemples, le plus étrange étant celui des… chauffeurs de taxis parisiens. Car pour cela, il faut être propriétaire d’une « plaque » que l’on peut céder et qui a donc une valeur financière. Résultat : Paris manque cruellement de chauffeurs de taxis et c’est là l’une des causes des difficultés de circulation. La seule solution serait de racheter ces plaques et d’ouvrir la voie à une liberté quasi-totale.

On peut également s’interroger sur les pouvoirs trop arbitraires des autorités sur bien des métiers, tels cafés et restaurants dont la fermeture, totale ou partielle, peut être décidée presque souverainement pour les motifs les plus variés…

Toutes ces mesures restrictives, souvent inspirées par de puissants intérêts particuliers, sont bien plus nuisibles qu’utiles et doivent être abrogées. Et tout particulièrement, la funeste pratique des concours, qui revêtent trop souvent un caractère aléatoire.

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