Lambert Christian - mercredi 14 mai 2008
economie
Imaginons l’un de nos compatriotes totalement imperméable à la presse, ne lisant aucun journal, n’écoutant aucune radio, ne regardant aucune télévision. Pratiquement, je dis bien pratiquement, quel changement aura-t-il connu depuis un an ? Je vais vous le dire. Il n’en aura connu aucun, du moins aucun qui soit positif.
En matière de sécurité, la situation s’est aggravée. Les professeurs sont toujours agressés de multiples façons dans les établissements scolaires de localités qui comptent jusqu’à 150 nationalités différentes. Il n’est pas de jour où, entre autres, les gardiens de squares de la ville de Paris ne soient attaqués. L’insécurité de l’emploi est toujours là. Le chômage reste massif. Un jeune Français a deux fois plus de risques d’être chômeur qu’un jeune Allemand et quatre fois plus qu’un jeune Danois.
Une nouvelle forme d’insécurité se développe, paradoxale celle-là : les garde-à-vue par la police : 563 000 GAV en 2007 ! Pour les voyous d’accord, mais pour les honnêtes gens, c’est nouveau, incarcérés pour un oui, pour un non avec humiliation et traumatisme assurés par ceux-là mêmes qui ont mission de nous protéger. Un comble ! Gare aux dénonciations calomnieuses !
Quant à la liberté d’expression, elle est relative. La prudence impose de ne pas traiter certains sujets…
Le service minimum dans les transports est purement théorique. On est toujours, en cas de grève, pressé comme un citron dans les voitures du métro, contrairement aux règles élémentaires de l’hygiène ou de la dignité humaine.
La fiscalité n’a pas changé. Personne n’a entendu dire que l’impôt sur le revenu ait diminué. Les impôts locaux vont sûrement augmenter encore. Depuis huit mois, six taxes et impôts nouveaux ont été créés en douce. L’ISF n’a pas disparu. D’une certaine façon, cet impôt exigé par les communistes est plus complexe encore que l’année précédente avec une nouvelle réglementation qui n’empêche nullement l’administration fiscale de récolter ce qu’elle veut en raison de la hausse de l’immobilier et, par conséquent, de l’habitation principale. Aussi bien pas un seul exilé fiscal à l’étranger n’a regagné la France et beaucoup continuent à fuir.
L’immigration se porte très bien. On est en route pour régulariser des milliers et des milliers de clandestins au « cas par cas ». Ne va-t-on pas créer un jour le ministère du « cas par cas » qui régularisera, dans tous les cas, les 600 000 clandestins que compte la France avec portes ouvertes grâce à Schengen, la Guyane, Mayotte, etc. ?
Les finances publiques, n’en parlons pas. C’est comme une maladie honteuse que l’on subit sans en dire un mot. Les déficits sont toujours là, sans lesquels l’État serait en cessation de paiement et la dette gigantesque d’un pays en faillite s’alourdit chaque jour davantage. « Ce n’est pas vrai », claironne la très optimiste ministre des Finances. L’ennui est que la Commission de Bruxelles vient de faire connaître que, la France étant mal gouvernée depuis longtemps, les déficits et la dette vont encore s’alourdir, que la croissance sera très faible en 2008 et 2009, que le chômage risque d’augmenter.
« La situation de la France est la plus préoccupante de la zone euro » a déclaré publiquement le Commissaire aux affaires économiques de l’Union européenne. La France, aurait-il pu ajouter, est le pays développé où l’on travaille le moins. 43,3 % des Français de 55 à 64 ans ont une activité professionnelle contre 68,9 % des Suédois, 74,9 % des Suisses et 80 % des Japonais, plus les 35 heures. Des fondamentaux tellement négatifs que la France n’a aucune chance de se redresser.
En somme, notre compatriote depuis un an n’aura connu qu’un seul changement, et celui qui fait mal : le coût de la vie. Tous les prix s’envolent. 40 % de hausse des produits alimentaires sur un an, sans oublier le prix des carburants. Phénomène mondial, dit-on. Certes, mais les taxes énormes, notamment sur les hydrocarbures, ce n’est pas un phénomène mondial ; c’est un phénomène national.
Alors les réformes, c’est quoi ? C’est une Arlésienne. On les guette, on les attend, on les devine, mais pratiquement on ne les voit jamais.
Une différence cependant : l’Arlésienne a donné lieu à quelques pages symphoniques de Georges Bizet, agréables à entendre. S’agissant des réformes, pour tenir lieu de musique, nous avons les discours de notre Président ; « Attendez, attendez, elles vont venir les réformes… comme l’Arlésienne ! »
Ancien Ambassadeur de Francee
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