Rouxel Jean - jeudi 19 novembre 2009
education
Vendredi 13 novembre, les sémillants ministres de l’Éducation et de la Recherche, Luc Chatel et Valérie Pécresse, ont présenté un énième projet de réforme de l’Éducation nationale. Ce coup-ci, il s’agissait de la formation des maîtres.
Comme d’habitude, nous avons eu droit à la pantalonnade d’usage : après avoir présenté un projet « définitif », devant les hourvaris des syndicats les ministres ont fait savoir que le « définitif » pourrait naturellement être amendé.
Nous avons tellement l’habitude que nous n’y prêtons même plus attention, mais le signal envoyé à l’opinion publique est désastreux. Aux syndicats les plus bornés de la planète, le gouvernement déclare qu’évidemment, leur avis sera déterminant. Et aux électeurs de droite, le gouvernement rappelle qu’il se moque comme d’une guigne de leur avis : votez pour nous et nous ferons ce que nous voudrons de votre suffrage !
En l’occurrence, c’est d’autant plus rageant que la réforme proposée par le tandem Pécresse-Chatel est tout simplement idiote. Il s’agit d’intégrer la formation des maîtres dans la fameuse réforme LMD (licence, master, doctorat) et donc de faire des maîtres des diplômés de bac +5.
Or, les compétences pédagogiques s’acquièrent très largement sur le tas et il serait donc bien plus intelligent de sélectionner les futurs instituteurs après le bac, en leur offrant un véritable apprentissage de leur métier (au moins autant de pratique que de théorie).
Pour apprendre à lire à des enfants de 6 ans, à quoi bon avoir fait cinq ans d’études de biologie ou, mieux encore, de sociologie ? Le problème de la France n’est évidemment pas de manquer de diplômés de l’enseignement supérieur ! Non, nous manquons de manuels connaissant leur métier et nous croulons sous le nombre de licenciés en psychologie dont nous ne savons pas quoi faire…
La réforme Pécresse-Chatel était donc exactement l’inverse de ce qu’il fallait faire. Pour « dégraisser » le mammouth, il faut encourager la formation professionnelle et l’apprentissage pour ceux qui sont las des études ou qui n’en ont pas l’usage.
Et si nos jeunes loups de l’UMP ne savent où jeter le dévolu de leur fringale réformatrice, nous pouvons leur suggérer une vraie réforme pour l’Éducation dite « nationale » : faites donc adopter le chèque scolaire. Là, ce serait vraiment utile pour la liberté de l’enseignement, pour l’efficacité de notre formation et pour l’avenir du pays !
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