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Le mariage gay,subversion de la société


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Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 25 mai 2005


Faire un livre sur le « mariage gay » demande un certain courage, par les temps qui courent, si l’on conteste la légitimité de cette revendication. Mais, de courage, Thibaud Collin, jeune agrégé de philosophie (qui s’était déjà fait remarquer en questionnant Nicolas Sarkozy sur la place des religions dans la société) ne manque pas!
Au point d’accepter l’invitation de la chaîne LCI à venir débattre avec les « mariés » de Bègles, dont le mariage a été récemment déclaré nul par la justice…
Au cours de cette émission, il a été loisible à chaque spectateur de toucher du doigt la facilité qu’ont les défenseurs du « mariage gay » à imposer leur point de vue. En apparence, en effet, ils ne font que défendre des victimes; ils jouent – et avec brio, il faut l’avouer – sur le côté émotionnel.
Et surtout, ils n’ont aucun mal à faire passer un message qui pourrait tenir en deux phrases: Qu’est-ce que cela vous fait si nous nous marions? Nous ne vous persécutons pas; cessez donc de nous persécuter!
Discours auquel il n’est pas difficile d’adhérer; discours qu’il est fort difficile de contrer…
Seulement, voilà, la revendication du « mariage gay », qui voudrait se fonder sur la liberté individuelle, n’est pas seulement une question individuelle. Elle est d’abord une question politique. Car, en réclamant le mariage, le lobby gay – qu’il faut distinguer des homosexuels, car tous n’adhèrent pas, loin s’en faut, aux revendications extrémistes du lobby – réclame une reconnaissance sociale pour un choix qu’il déclare par ailleurs purement individuel.
Thibaud Collin, dans son essai, démonte admirablement cette contradiction: on ne peut pas vouloir à la fois que la société vous laisse en paix et qu’elle vous reconnaisse. On ne peut pas vouloir les droits sans les devoirs. On ne peut pas vouloir la liberté sans la responsabilité.

Une subversion des droits de l’homme

Cette revendication du « mariage gay » est également emblématique d’une subversion profonde de la notion de droits de l’homme, sur laquelle l’auteur ne s’attarde pas, mais qui me semble décisive pour comprendre ce qui est en jeu.
La déclaration de 1789 contesta fortement la tradition judéo-chrétienne au sujet des fondements des droits de l’homme. Ceux-ci n’étaient plus considérés comme une conséquence de la loi naturelle, dont l’expression la plus claire se trouve dans le Décalogue. Ils étaient considérés comme le fruit d’une négociation contractuelle (le fameux contrat social de Rousseau). Mais, en-dehors de cette question du fondement des droits de l’homme, ces derniers restèrent une qualité s’attachant universellement à tout homme, du seul fait de son appartenance à l’humanité.
En 1948, la définition de droits sociaux et économiques a commencé une œuvre de déviation de la logique universaliste. Au lieu de parler de la liberté de tout homme, la déclaration des Nations unies évoqua la liberté du salarié, la liberté de la mère de famille…
Ainsi a mûri l’idée des « droits individuels » ou des « droits des minorités », dont 1968 vit la naissance. Mais ces droits, qui ont usurpé l’appellation de droits de l’homme, n’ont rien de commun avec les droits de l’homme. C’est jouer dangereusement sur les mots que de le laisser entendre.
Concrètement, il me semble que les homosexuels (comme toutes les autres « minorités ») peuvent exiger que l’on respecte en eux notre commune humanité. Puisqu’ils sont des êtres humains, rien ne permet à quiconque de les persécuter. En revanche, ils ne peuvent nullement opposer à la société leur prétendu droit de minorité. S’ils se revendiquent minorité, ils doivent en accepter le prix et donc accepter que la société les traite comme une minorité.
Il est absolument contradictoire de dénoncer la domination « hétérosexiste » (sic) et de revendiquer le « mariage gay » comme conséquence logique du « droit des minorités »!
La société n’a nullement le devoir de s’aligner sur des modèles qui se déclarent eux-mêmes minoritaires.
En pointant avec rigueur et précision cette contradiction, en la recherchant jusque chez les maîtres à penser du lobby gay (les Foucault, les Bourdieu et leurs épigones), Thibaud Collin rend un signalé service à la société. Il est à souhaiter que sa démonstration se répande partout et notamment dans les mondes politique et médiatique, extrêmement perméables aux revendications des « minorités »…


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