Lance Pierre - vendredi 03 mars 2006
Le mariage homosexuel ne fait vraiment pas partie de mes préoccupations essentielles. Pour la bonne raison que je n'ai jamais été un très chaud partisan du mariage hétérosexuel, et qu'en ce domaine ma philosophie est assez bien résumée dans la fameuse chanson de Georges Brassens : "La non-demande en mariage". Alors, le mariage homo, vous pensez !
Certains de nos lecteurs agacés par mes tirades antireligieuses (qui n'occupent toutefois qu'une mince proportion de mes articles) me disent parfois que je n'ai pas de morale. Je leur réponds généralement par des citations de deux philosophes aussi célèbres que divergents dans leurs opinions, à savoir Blaise Pascal déclarant : "La vraie morale se moque de la morale" et Friedrich Nietzsche affirmant : "Si je suis amoral, c'est par moralité". Ma propre morale est en réalité extrêmement forte et précise et dispose de la plus vigoureuse des racines, qui est la liberté individuelle. Elle offre en outre l'avantage d'être tout entière contenue dans la géniale définition de la liberté inscrite dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 : "La liberté est le droit de faire tout ce qui ne nuit pas à autrui." (Ah ! si seulement les Jacobins l'avaient aussitôt appliquée !)
Cette formule contient à mon sens toute la morale souhaitable dans la société humaine, et rien ne peut lui être ajouté qui ne soit superflu. Auprès de cette pure clarté, les "Dix commandements" de Moïse, par exemple, ne sont qu'un affreux mélange de vraie morale et de fausse moralité. Une morale constituée de tabous et de contraintes rituelles n'est à mes yeux qu'une laisse ou une longe pour âmes prisonnières.
Concernant l'homosexualité, tant qu'elle ne porte aucun tort à quiconque (et qu'elle n'exerce donc aucune contrainte), elle est du ressort de la liberté des adultes et de leur vie privée. La société moderne est devenue à cet égard d'une grande tolérance, mais qui est peut-être en passe de franchir une limite : celle qu'exige la protection des enfants. Or, il existe dans ce cas un principe de précaution qui doit être observé avec la plus grande vigilance.
Que les homosexuels se marient, je n'y vois personnellement aucun inconvénient. Cela les regarde. En revanche, qu'on envisage de les laisser adopter des enfants, voilà une possibilité qui me semble appeler les plus expresses réserves.
Certes, je n'ignore pas que l'homosexualité et la pédomanie ("manie" et non "philie", de grâce !) sont deux comportements différents, mais peut-être ne faut-il pas tenter le diable et laisser de jeunes enfants grandir au sein d'une famille homosexuelle. Il me semble, sans même parler de troubles psychologiques éventuels, que ce serait les exposer à un grand risque, ou bien cela nécessiterait une surveillance constante que la société n'est pas en mesure d'assumer, alors qu'elle n'est même pas capable de veiller au suivi médical des pédomanes remis en liberté.
Autrefois (et encore maintenant dans certains pays), on considérait l'homosexualité comme un crime punissable, ce qui était absurde et odieux, car l'homosexualité ne résulte pas d'un choix délibéré et ceux qui sont atteints de cette déviance en souffrent le plus souvent, même si certains se complaisent en fanfaronnades.
Les homosexuels demandent qu'on les "comprenne". J'aimerais leur dire qu'ils doivent à leur tour comprendre que, pour un hétérosexuel, l'homosexualité est non seulement incompréhensible, mais que sa seule représentation lui est instinctivement répugnante et qu'il doit faire sur lui-même un effort considérable pour ne pas le montrer. À l’exception de quelques brutes épaisses, chacun fait de nos jours cet effort, par humanisme, civisme et courtoisie. Mais si l'on ne demande pas aux homosexuels d'être honteux, au moins peut-on leur demander d'être discrets, et la plupart le sont d'ailleurs.
Quant à ceux qui croient se faire mieux admettre par de grotesques défilés dits "gay-prides", je crois que, par ces inutiles provocations, ils se font grand tort à eux-mêmes, et sur ce point je suis totalement d'accord avec Brigitte Bardot. On ne peut pas plaire à tout le monde, c'est un fait. Mais on n'est pas obligé de se comporter de manière à ne plaire à personne.
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