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Le mensonge érigé en système politique !


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Rouxel Jean - samedi 14 février 2004


En reconnaissant qu’il avait sans doute « commis des fautes », puis en laissant entendre qu’il pourrait changer de système de défense devant la Cour d’Appel de Versailles, Alain Juppé a implicitement, mais clairement, reconnu qu’il avait bel et bien menti aux juges de Nanterre. C’est ce mensonge, et rien d’autre, qui explique la sévérité de ce jugement, comme des attendus qui le précèdent.

Ses tergiversations continuent. Après avoir envisagé d’abandonner tous ses mandats pour, in extremis, dans la journée du mardi 3 février, décider de rester, il semble maintenant plutôt enclin à prendre du recul, aussi bien à l’UMP qu’à Bordeaux. En effet, il a intérêt à se présenter devant les juges de la Cour d’Appel en donnant l’impression de s’être déjà appliqué à lui-même une partie au moins du jugement de Nanterre. Ce sera sa nouvelle ligne de défense : il ne fera plus le fanfaron. Et si l’appel est favorable - ce qui est quand même peu probable - alors, à nouveau, pense-t-il, la succession de Jacques Chirac pourrait lui être ouverte...

En attendant, c’est un homme différent que rencontrent tous ses interlocuteurs. Les parlementaires présents dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le mercredi 4 février, quand le député maire de Bordeaux, au nom de l’UMP, a pris la parole dans le débat sur le projet de loi sur la laïcité, en ont été frappés. Car « l’ancien Juppé » aurait-il eu, par exemple, la franchise de déclarer « ce n’est pas faire preuve de paranoïa que de dire que nous sommes confrontés aujourd’hui à la montée d’un fanatisme politico-religieux ». N’est-ce pas l’aveu d’un échec qui s’étale aujourd’hui, béant, en matière d’immigration ?

Jean-Marie le Pen avait beau jeu, le jeudi 5 février, sur TF1, dans une émission qui donnait le coup d’envoi pour la campagne des élections régionales, de souligner une double irruption dans le débat politique français : avec la condamnation d’Alain Juppé, l’irruption de la question de la corruption des élus et, avec l’affaire du voile islamique, l’irruption du problème de l’immigration en France.

C’est en effet sur cette toile de fond que vont se dérouler, dans cinq semaines, les élections générales régionales. Tous les sondages publiés, les uns après les autres, laissent présager un vote-sanction massif.

Tout en serrant les rangs, l’UMP s’efforce de résister. Toutes les autres formations politiques s’acharnent sur elle. Chacune espère bien tirer profit de cet hallali. Les mêmes sondages n’arrivent plus à cacher que le Front national devrait être à nouveau le grand bénéficiaire électoral de cette situation. Un nouveau 21 avril 2002 est en marche…


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