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Le mythe du pouvoir d’achat |
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Lance Pierre - mercredi 04 juin 2008
pouvoir-d-achat, economie, ecologie
On voit se développer actuellement dans l’opinion publique un credo qui semble relever de l’évidence : la baisse du pouvoir d’achat. C’est désormais un poncif qu’il est malséant de mettre en doute. Chacun le répète à l’envi, à commencer par les médias.
Les micro-trottoirs recueillent l’avis des ménagères, qui affirment toutes avec un bel ensemble que tout augmente et «qu’elles n’y arrivent plus».
Il est en effet très possible qu’elles n’arrivent plus à boucler leurs fins de mois, mais ceci est principalement la conséquence de l’évolution des occasions de dépense, et non d’une baisse globale du pouvoir d’achat, plus imaginaire que réelle. Au cours de ces dernières années, le budget des Français a beaucoup changé, notamment du fait du progrès technologique. Le nombre des téléphones portables a littéralement explosé, ainsi que celui des jeux vidéo comme des ordinateurs personnels reliés à Internet. Or, tout ceci a bien évidemment un coût, et qui pèse lourdement sur le budget des familles, notamment de celles qui comptent des adolescents.
Dans ce contexte, il me semble à peu près impossible de déterminer le niveau moyen du pouvoir d’achat, celui-ci étant submergé par le désir d’achat, qui ne cesse de croître. Ce dernier est en effet exacerbé en permanence par l’invasion excessive de la publicité télévisée. Toute innovation technique est aussitôt matraquée dans les foyers par le petit écran, et celui qui voudrait se l’offrir et ne le peut pas ressent une frustration qui lui fait aussitôt soupçonner que son pouvoir d’achat n’est pas ce qu’il devrait être.
Cet envahissement abusif de la publicité, qui finit par déboussoler le consommateur, n’a pas échappé aux hommes politiques. Lionel Jospin, lorsqu’il était Premier ministre, avait déjà émis l’intention de réduire d’autorité le nombre des messages publicitaires, puis avait dû faire machine arrière devant la levée de boucliers des industriels, des publicitaires et des chaînes de télévision elles-mêmes.
Nicolas Sarkozy essaie à son tour de réduire la pression publicitaire et tente de contourner l’obstacle en voulant l’écarter des chaînes publiques, sur lesquelles l’État a autorité. Mais comment compenser les recettes perdues ? Pour le moment, la question reste en suspens.
N’oublions pas non plus que la réduction brutale à 35 heures de la durée légale du travail a eu un double effet pernicieux, car non seulement elle a bloqué la hausse des salaires, mais en donnant plus de loisirs, elle a augmenté les occasions de dépense et les désirs d’achat. Quand on ne travaille pas, on s’occupe à autre chose, donc on est amené à vouloir consommer davantage. Et ça coince !
Il faudrait tout de même que les humains en général et les Français en particulier prennent conscience de l’importance de tout acte d’achat, qui est beaucoup plus efficace qu’un bulletin de vote pour l’évolution de la société. Il faudrait aussi qu’ils l’enseignent à leurs enfants. Nous voulons tous que le monde s’améliore, qu’il soit plus sain, plus propre, et moins saturé de poisons chimiques. C’est une chose que les citoyens peuvent obtenir en apprenant à acheter avec sagesse. Dans cette optique, la flambée du baril de pétrole est une bénédiction. Elle va nous obliger à devenir intelligents, à conduire avec modération, à ne pas acheter des fraises d’Israël ou des poires du Chili, qui valent leur pesant de pétrole, à mettre des panneaux solaires sur les toits de nos immeubles, par exemple.
À ceux de nos lecteurs qui sont conscients du fait que le pouvoir d’achat est un véritable pouvoir politique et social, je conseille vivement d’aller visiter la boutique parisienne des « ConsomActeurs Associés » (Association de défense de l’environnement par la consommation responsable – tél./fax : 01 43 22 08 67 – <www.consomacteurs.com>). Ils y trouveront une foule de produits astucieux, à la fois économiques et écologiques et y seront reçus par des amis de nos « 4 Vérités », Francine et Michel Bogé, qui, arrivés à l’âge de la retraite mais toujours dynamiques, ont décidé de consacrer leurs efforts à faire connaître au public les « écoproduits », économiseurs d’énergie et limiteurs de pollution.
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