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Le naufrage de notre politique étrangère |
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Milliere Guy - mercredi 09 mars 2011
tunisie
La France, depuis longtemps, n’est plus ce qu’elle a été. Ses prétentions à compter encore sur la planète ont reposé sur les réseaux de ce qu’on a appelé la « Françafrique », et ces réseaux sont désormais très largement effilochés.
Elles ont reposé aussi sur la célèbre « politique arabe de la France » née sous le général de Gaulle et poursuivie sans interruption depuis, et qui consistait à entretenir des liens privilégiés avec divers dictateurs, sans prêter la moindre attention à la façon dont ils géraient leurs pays et traitaient leurs populations.
La chute du régime de Saddam Hussein en Irak a été un revers pour cette politique. Les efforts de Jacques Chirac et Dominique de Villepin pour sauver leur criminel préféré se sont révélés vains.
Avec la chute du Liban aux mains du Hezbollah, quasi complète depuis le renversement du gouvernement de Saad Hariri voici quelques semaines et son remplacement par un homme étroitement lié au régime des mollahs, un autre revers a été subi.
La chute de Zine Ben Ali en Tunisie a accentué ce qui a pris dès lors les allures d’un naufrage. Quel que soit le régime qui prendra place en Tunisie, on peut s’attendre à ce que celui-ci ait moins de mansuétude envers un gouvernement français.
La chute de Moubarak a fait voler en éclats le projet d’Union de la Méditerranée : que la tendance qui l’emporte en Égypte soit une tendance nassérienne anti-occidentale, façon Amr Moussa ou une tendance islamiste, façon Youssef al Qaradawi, on peut douter que les projets de Nicolas Sarkozy l’intéresseront.
La situation en Libye, quelle que soit son issue, fait que les accords passés avec les dirigeants du pays seront désormais caducs.
La gauche incriminera, bien entendu, le manque de clairvoyance de ceux qui ont le pouvoir en France aujourd’hui, oubliant qu’elle s’est comportée exactement de la même façon lorsqu’elle était aux affaires, et faisait, dans l’ensemble, exactement les mêmes courbettes aux mêmes gens.
Il est trop tard pour inventer une nouvelle politique étrangère et, symboliquement, le remplacement de Michèle Alliot-Marie par Alain Juppé constitue le remplacement d’un adepte de la realpolitik sans grands scrupules par un autre adepte de la realpolitik sans grands scrupules.
On pourrait dire, à la décharge de ceux qui gouvernent la France, que les autres gouvernements européens suivent des orientations proches, chacun à sa manière, et que l’Union européenne elle-même est porteuse d’orientations similaires.
On pourrait aussi, avec un sourire ironique, dire aux dirigeants européens qu’ils ont détesté George W. Bush, à de rares exceptions près (Aznar, Blair), et qu’avec l’élection d’Obama, ils ont été exaucés : ils ont maintenant les fruits de l’incompétence et du dogmatisme gauchiste d’Obama.
Je ne sais s’ils trouvent que la récolte est bonne et s’ils l’apprécient. Je ne sais s’ils se félicitent toujours de l’attribution du prix Nobel de la paix à Obama. Celui-ci fait, en tout cas, beaucoup mieux que Carter, autre Président des États-Unis très apprécié des Européens. Carter avait seulement perdu l’Iran. Barack Obama a fait que les États-Unis n’ont plus, dans tout le monde arabe et le Proche-Orient, un seul pays ami. Ils y sont méprisés ou détestés, mais jamais respectés.
Détériorant l’armée américaine, Barack Obama fait aussi que celle-ci ne fera bientôt plus peur à personne, ce qui aiguisera bien des appétits.
La France, comme les autres pays européens, devra assumer les conséquences. Le prix du pétrole monte et devrait continuer à monter, ce qui aura des effets certains sur une croissance déjà inexistante, ce qui se traduira aussi par une augmentation du prix des biens de consommation courante et des produits alimentaires.
Le désordre dans le monde arabe devrait durer, voire s’accentuer avec la paupérisation et la faim. Les flux migratoires en direction de l’Europe devraient s’accentuer et s’accélérer.
« Le Camp des Saints », de Jean Raspail, vient d’être réédité à point nommé. Bat Ye’or a fait paraître récemment un livre indispensable : « L’Europe et le spectre du califat ». Ce livre, lui aussi, est plus que jamais d’actualité. Une Europe islamisée et pauvre pourrait venir bien plus vite que prévu…
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Harcèlement
De plus en plus fort ! Selon un article paru sur le site de l’Express, la jurisprudence de la Cour de cassation prévoit désormais qu’un patron puisse être condamné pour harcèlement moral, même si ce harcèlement est parfaitement inconscient et involontaire. La qualification de « harcèlement » ne dépend plus que du sentiment du salarié ! Mieux encore : si un salarié se sentant harcelé démissionne, le patron peut être condamné pour licenciement sans cause ! La Cour de cassation gagnerait peut-être du temps en déclarant qu’il est désormais formellement interdit de créer une société en France et, a fortiori, d’y employer qui que ce soit !… |
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