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Le patriotisme


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Gérard Jean Pierre - vendredi 29 octobre 2010


Pourquoi parler aujourd’hui de patriotisme ? Je voudrais définir ce qu’est pour moi cette notion parfois considérée comme dépassée et dire pourquoi il est si important pour l’avenir de notre pays.

Le patriotisme est aujourd’hui une chose que plus personne ne comprend très bien et comme tout ce que l’on ne comprend pas, on le brocarde et on s’en moque. J’envie parfois ceux qui ont des dispositions à l’universalité, qui ont le goût de vouloir connaître tous les peuples, toutes les religions du monde, poussés qu’ils sont par le sentiment de n’être à personne, et d’appartenir à tous.

Pour moi, je sens très nettement que j’appartiens à une tradition, et que je n’ai pas la possibilité ni le droit de briser l’anneau que je représente sans rompre la chaîne. Qu’on le veuille ou non, chacun d’entre nous est le fruit d’une longue lignée de gens de tous horizons qui ont donné leur vie, leurs peines, leurs joies et leur espérance pour que la France continue sa mission, chez elle et dans le monde.

Aujourd’hui certains ont peur pour la France. Ce n’est pas mon cas. Je n’ai peur pour elle que des faux Français salis par l’argent contaminé et par la peur internationale, qui confondent volontiers patrimoine et patrie. Ils troqueraient volontiers si vous les payez assez cher l’honneur de la France contre des avantages temporaires et fallacieux.

Il faut regarder les choses en face. Depuis plus de 50 ans, l’Europe et notre système politique donnent en spectacle à tous nos adversaires et même à nos amis, sa lâcheté et qui plus est, la justification de cette lâcheté. Les discussions actuelles, les petites palinodies de ce que nous voyons aujourd’hui sont l’exemple même de tout ce qui sur le plan politique conduit au désastre et à l’abaissement. À force de nous disputer sur les libertés, nous perdrons de vue l’esprit de liberté. À force d’ergoter sur les cas de conscience, nous n’avons même plus conscience que nous en avons une, et nous trouvons cela gênant quand nous la retrouverons par hasard.

Nous connaissons tous des écrivains raffinés, des intellectuels diserts, habitant nos pays dits civilisés, avec tout le confort et toute la liberté de pensée que cela implique, qui admirent dans la plupart des pays étrangers où règnent des régimes totalitaires par l’esprit ou la religion, ces mêmes régimes et ces croyances, inassimilables pour nous et pour les pays civilisés.

Nous connaissons tous des écrivains, des journalistes et des philosophes, qui utilisent cette même liberté de pensée qui leur serait refusée dans ces pays pour brocarder et critiquer ce que nous sommes. Il faut le dire clairement : tant que nous serons abâtardis par de tels comportements, non seulement les problèmes se multiplieront, mais leurs solutions deviendront de plus en plus difficiles.

Je suis reconnaissant à Nicolas Dupont Aignan d’avoir accepté et pris le risque de se séparer de tous ces bien-pensants, qui font et qui feront toujours aussi peu de cas de la grandeur de notre pays. Je suis reconnaissant à Nicolas et d’avoir pris le risque personnel – pour un député cela n’est pas rien –, d’afficher son désaccord, de faire entendre la voix ténue de la vérité, et de courir le risque de dire clairement ce que le peuple pense et veut pour l’avenir de notre pays.

J’en veux à Nicolas Sarkozy, qui après le référendum constitutionnel de 2005, et une élection présidentielle qui intervenait à un moment pour lui extraordinairement favorable, de n’avoir pas su utiliser les circonstances pour remettre en chantier une construction européenne sur des principes différents. Je dis souvent qu’il est impossible d’arrêter un train lancé à toute vitesse, et la construction européenne est un train lancé à toute vitesse. En revanche, il est possible de lui faire prendre des aiguillages, et de le remettre dans la bonne direction. Ces aiguillages sont rares, et rares sont les hommes politiques qui au cours de leur mandat peuvent avoir ces choix. Nicolas Sarkozy l’aurait pu, il a bénéficié des circonstances et il ne l’a pas fait.

Que Nicolas Sarkozy, à peine élu, ait jugé nécessaire de faire ratifier le traité de Lisbonne alors que le peuple français avait dit non peu de temps auparavant, montre l’incapacité de nos élites politiques, à reconnaître leurs erreurs et à modifier, au moment où ils le peuvent, le cours de l’histoire.

Tous ceux qui aujourd’hui dirigent la France, cherchent leur solution à l’intérieur de ce que j’appelle le carré infernal : la mondialisation des échanges, la finance mondiale, la liberté de circulation des personnes qui engendrent le communautarisme, et la construction européenne. Tous ceux qui s’aventurent en dehors de ces tabous, sont diabolisés, livrés à l’anathème.

Je le dis clairement : il n’existe aucune solution à l’intérieur de ce carré infernal. Si elles existaient, elles auraient été trouvées depuis longtemps. Alors cassons les côtés de ce carré, et imaginons autre chose. C’est le patriotisme, cette idée si ancienne et pourtant toujours si neuve, qui a toujours permis de préparer le futur. Le patriotisme s’oppose au communautarisme et nous donne sans aucun doute la voie de solutions possibles.

Les solutions existent, nous savons où les chercher avec le patriotisme qui nous délivre des tabous de la pensée unique. Mais il faut les faire émerger, la vérité et le courage seuls nous permettront de les trouver. La respectabilité et la responsabilité des acteurs politiques permettront de les mettre en œuvre.


Jean-Pierre Gérard

Vice président de Debout la République

http://www.debout-la-republique.fr/



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